Introduction
Ce travail a été réalisé fin 2025-début 2026 par Xavier Cras1, petit-neveu de Jean Cras, avec l’aide plus particulière de
- Mirelle et Marianne Tansman, petites-filles de Jean Cras
- Alban Cras, mon neveu
- Corentin Cras, mon fils aîné, qui a créé le site (en cours de mise au point)
- Thierry Bouillet2, auteur d’une biographie sur Jean Cras datant de 1999
- (voir le site http://www.musimem.com/recherches.html – faire une recherche avec Thierry Bouillet)
- Jean-Pierre Ferey (créateur du label Skarbo), pianiste et interprète de Jean Cras
Autres sources principales :
- Paul-André Bempéchat : « Jean Cras, Polymath of Music and Letters » 2è édition (2022)
- paulandrebempechat@gmail.com
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cras
- https://parcoursdeviesdanslaroyale.fr/officiers_cras.htm
- Revue Chasse-Marée n°223 du 11 mai 2010, article de Jacques Arnol et Xavier Mével
Résumé
Jean Cras est un officier de marine et compositeur français, né le 22 mai 1879 à Brest, où il est mort le 14 septembre 1932. Professeur à l’École navale, il met au point une règle qui porte toujours son nom : la « règle Cras ». Elle permet de tracer la route ou de porter un point sur une carte marine ; il met aussi au point un appareil de transmission par signaux électriques. Le capitaine de vaisseau Cras commande notamment le cuirassé Provence. Promu contre-amiral en 1931, il achève sa carrière militaire au poste de major général du port de Brest, sa ville natale.
Conciliant sa carrière maritime avec sa passion musicale, Jean Cras a, tout au long de son existence, composé de nombreuses pièces. Son hyper sensibilité le conduit vers l’art de l’expressionnisme suggestif. Abordant tous les styles, il puise la matière nécessaire dans ses voyages et mélange les parfums d’ailleurs qui parfois sonnent comme des airs bretons.
Origine du nom
Cras est un nom breton qui évoque l’état d’une chose qui est sèche ou rôtie, comme les blés quand ils sont murs, ou une baguette de pain bien grillée. Il peut aussi signifier fauché comme les blés, ou quelqu’un qui n’a plus de sous ! On trouve aussi pour cet adjectif l’orthographe Kras (le K est la 3è lettre de l’alphabet breton et remplace le C)
La famille Cras prononce le S, comme les Bretons, qui l’adoucissent souvent en le prononçant Sz
Biographie3
Jean Émile Paul Cras est né à Brest le 22 mai 1879[1]. Son père, médecin en chef de marine, et sa mère partagent une même passion : la musique[2]. Baigné dans une atmosphère musicale, il hérite de leur sensibilité à cet art. Il se rappelle que dès l’âge de 5 ou 6 ans, il ressent une sensibilité extrême pour la musique, les harmonies, les modulations. Son père décède prématurément le 11 janvier 1889. À 10 ans, il s’exerce à la composition, en cachette. Il compose sa première œuvre à l’âge de 13 ans et excelle en tant que pianiste[3].
En 1895, il se présente une première fois à l’École navale, mais il paie le prix de sa passion pour la musique qui l’a quelque peu écarté de ses études, et échoue. Cet échec scolaire lui fait prendre conscience du risque qu’il court de ne pas pouvoir atteindre son but : « Un changement intérieur s’était opéré en moi. Je sentais au cours de l’été 95 que j’étais coupable d’être au lycée un simédiocre élève, car je m’exposais à ne jamais rentrer à l’École navale, ce qui aurait été pour ma mère, et pour moi, un violent chagrin. Àla rentrée d’octobre, ma résolution était prise. Jene touchais plusune notede musique et travaillaisavec un acharnement extrême ». Et ces efforts sont récompensés puisque le lycéen, qui vient de fêter ses 17 ans, passe le concours avec succès !
Il entre à l’École navale en 1896 sur le ponton école Borda. Élève doué, il côtoie Alfred Droin, son meilleur ami, dont il choisira 3 poèmes pour ses mélodies. En 1898, il sort quatrième d’une promotion de 70 élèves officiers (appelés « bordaches »)[4]. Il commence ses embarquements à la mer, où il consacre ses heures de loisir à composer.
Au début de sa carrière, il part en campagne. D’abord l’Angleterre et Madère sur le Bougainville, puis sur l’Iphigénie, qui lui permet de voir l’Amérique, les Antilles, le Sénégal. Au retour, il compose des mélodies et un trio intitulé Voyage Symbolique[2]. Ensuite il se rend en Orient en 1900 à bord du Brennus, et vit très douloureusement son éperonnage accidentel par le contre-torpilleur La Framée qui sombre en 5 minutes en faisant 47 victimes. Puis ik revient à Toulon, où il compose successivement une sonate pour violon, une pour alto, une autre pour violoncelle et de nouvelles mélodies (33 au total). Il a à peine 20 ans !

L’enseigne de vaisseau Jean Cras,
aide de camp de l’amiral Boué de Lapeyrère en 1899.
En 1900, il revient à Paris et fait la rencontre qui bouleversera sa vie : celle d’Henri Duparc. Tout de suite un lien très profond les unit au point même qu’Henri Duparc l’appellera plus tard le « fils de mon âme ». Cras dira d’ailleurs de son maître, dans une lettre à Robert Lyon, directeur de la revue Musique : « Mon seul maître, Henri Duparc, n’a eu qu’un seul but : m’apprendre à lire, alors qu’ignorant, je ne faisais qu’écouter ».
Jean Cras a concilié cette double existence de marin et de musicien, passionnément épris de ce double métier qu’évoque le monument (voir § 4) élevé sur le cours Dajot à Brest[6]. Toutefois il affirme qu’il n’a jamais envisagé de quitter la marine pour se consacrer à la musique, tant il ne pouvait se passer de la mer !

L’enseigne de vaisseau Jean Cras, avec son chat bleu-Nial en 1902.
En 1902, à bord de La Manche, bénéficiant d’une cabine personnelle, il pourra y caser un piano droit adapté, avec un nombre réduit de touches4, au prix du remplacement de sa couchette par un hamac ! Il transfère son piano sur La Flèche et fait escale en Tunisie, où il fait la connaissance d’Isaure Paul, une femme très compréhensive tant sur le plan musical que professionnel, qu’il épousera le 23 janvier 1906 et lui donnera quatre enfants : Isaure (Zézette pour ne pas la confondre avec sa mère), Colette, Monique et Jean-Pierre[7]. C’est à bord de La Flèche qu’il imaginera un appareil facilitant la transmission de signaux électriques. De 1904 à 1906 sur le contre-torpilleur Cassini, il finalisera la mise au point de cet appareil qui équipera bientôt tous les bâtiments de guerre. [4] De 1906 à 1908, il navigue sur le Massena puis le Léon-Gambetta.
De 1908 à 1910, il est professeur d’architecture navale à l’École navale[2] (à la « Baille », comme la surnomment les « Bordaches »[8]). Puis il prend le commandement d’un groupe de torpilleurs armés de la défense mobile de Brest, commandement d’un groupe de torpilleurs armés de la défense mobile de Brest.
En 1911, il est adjoint de division du capitaine de vaisseau Ronarc’h, qui confie à son collaborateur préféré la rédaction d’une tactique de torpilleurs.
En 1913, il est fait chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur. Il sera promu officier en 1920[9].
Lorsque la guerre éclate, Jean Cras embarque sur La Justice, puis part sur le Courbet comme aide de camp de l’Amiral Lapeyrère, qui le qualifie d’officier de premier ordre. Il est spécialement chargé de la T.S.F. et des flottilles de torpilleurs et sous-marins, et se voit attribuer le brevet d’« état-major[5] ».
L’amiral Ronarc’h l’appelle à Paris en 1915 au ministère pour organiser la défense contre les sous-marins ennemis. Puis vient en 1916 une mission dans l’Adriatique[11], sur le contre-torpilleur Commandant-Bory, Précipité à la mer avec l’un de ses matelots-timoniers à la suite d’un tir adverse, il le sauve de la noyade. Sa conduite héroïque par ailleurs tout au long de la guerre, lui vaut une citation à l’ordre de l’armée[4]. Ses moments de repos, très comptés, lui servent à achever l’orchestration de son opéra Polyphème, drame d’Albert Samain.

Le LV Cras en 1917, assis, son chien Polyte à ses pieds. Noter son couvre-chef peu réglementaire. Il avait perdu sa casquette à la mer 15 jours avant et avait dû acquérir ce « berretto » italien du plus bel effet.
Il invente, en février 1917, une règle qui porte son nom, la règle Cras5 [10], brevetée en 1921, mais dont il n’a tiré aucun revenu. Ce double rapporteur transparent, qui permet soit de tracer une route, soit de porter un point par relèvements sur une carte marine (ou une carte d’aéronautique), a été utilisé par tous les navires de la Marine et la majorité des plaisanciers français et même étrangers. Il n’est plus guère en usage à l’époque du GPS, mais reste à portée de main en cas de panne ou de perte du réseau.

Différentes règles de navigations : le Portland Protractor (triangle), la Captain Field’s Improved ParallelRule (règles parallèles) et la règle Cras (double rapporteur).
Débarqué du Bory en mai 1918, il séjourne un mois à Rome, où nait son fils Jean-Pierre, puis est promu capitaine de corvette [11]. Il rallie alors Dieppe pour y diriger la 1ère escadre de patrouilleurs en manche orientale. En mai 1919, il rejoint l’État-Major général de la Marine à Paris. Une profonde et étroite amitié s’établit avec le compositeur Henri Duparc, qu’il connaissait depuis 1900. Il propose son Polyphème à l’Opéra-comique et obtient le premier prix du Concours de la ville de Paris en 1920.
Lors d’un nouvel embarquement en 1921, il retrouve la mer et prend le commandement du torpilleur Amiral Sénès, à bord duquel il entame la composition de son Quintette pour piano et cordes[4]. À son départ, Henri Duparc lui remet un viatique : les quatuors de Beethoven pour qu’il s’en pénètre[4]. En 1922, suite à un ennui de santé, il revient à Paris et participe à la création de Polyphème à l’Opéra-comique, dont la première aura lieu le 28 octobre 1922. L’œuvre remporte un joli succès !
Pendant 4 ans, Jean Cras reste à Paris, travaillant au Centre des Hautes-Etudes Navales, puis au Conseil de la Défense Nationale. Il est nommé capitaine de vaisseau en 1924, le plus jeune de la Royale. Il reprend la mer en 1926 pour prendre le commandement du croiseur Lamotte-Piquet. Il composera son Trio à cordes qui obtiendra le prix Chartier de l’Institut de France. De 1927 à 1929, il commande la Provence, le plus puissant cuirassé en service alors dans la marine nationale française[7]. Les logements de ces deux navires sont cette fois suffisamment grands pour qu’on puisse y caser un piano demi-queue ! À bord, il écrit à André Himonet : « J’essaie de mettre à profit les années où je suis à la mer pour travailler le plus possible, les conditions étant d’ailleurs particulièrement favorables à une production avant tout sincère et non sollicitée, impressionnée par ce qui s’écrit. » Ces quelques lignes peuvent servir d’épigraphe au Journal de bord, une suite symphonique composée en 1927 comportant trois parties que Rhené-Baton dirige chez Pasdeloup le 3 mars 1928[13].
Des pages louées par Paul Le Flem, dans lesquelles « se révèlent la nature rêveuse du musicien, son instinct de la nature, son sens de l’exotisme. »[14]
Il embarque toujours son piano sur chacun des navires à bord desquels il sert[15], car : « Composer, c’est pour moi obéir à une volonté supérieure, qui me dicte ses volontés et que je sers avec l’ivresse de l’humble disciple dont le seul but est d’exécuter le mieux possible les ordres de son maître. »[2]


Débarquant du cuirassé La Provence en 1929, il rejoint à Paris l’État-Major général des recherches scientifiques et accède aux étoiles en 1931[5]. Contre-amiral, il devient major général de l’arsenal militaire du port de Brest[15].
Ayant navigué sur toutes les mers du globe, c’est à Brest, sa ville natale qu’il meurt le 14 septembre 1932, foudroyé en seulement trois jours par un cancer, tout juste quelques semaines après avoir composé ses Trois chansons bretonnes qu’il avait dédicacées à sa femme[2]
Il est enterré au cimetière Saint-Martin de Brest (carré 9, rang 9, tombe 17).

Hommages
À la mort de Jean Cras en 1932, un comité présidé par le ministre de la Marine Georges Leygues, réunit des fonds pour lui élever un monument, confié au sculpteur parisien Raymond Delamarre, grand prix de Rome. Le monument est offert à la ville et inaugurée le 6 octobre 1935. Il y figure deux allégories : la Marine, tenant une caravelle toutes voiles dehors, et la Musique, tenant un violon. Détruit en 1944, à l’exception de la plaque de bronze à l’effigie de Jean Cras, le monument sera reconstruit en calcaire dans un style proche, par le même sculpteur, en 1959[14]. Le médaillon de bronze représentant l’Amiral a pu être récupéré.
La dédicace que l’on trouve sur le monument est extrait de l’opéra Polyphème : « Belle mer écumeuse et bleue où je suis né ».

Différentes rues au nom de Jean Cras : Brest (Saint-Marc, attribuée en 1934), Plougastel-Daoulas, Lorient, Quimperlé, Concarneau, Quimper, ainsi que le square Jean Cras à Pacé près de Rennes
Un auditorium CRAS est inauguré le 28 février 2019 à l’hôpital Sainte-Anne de Toulon en l’honneur de Jean CRAS, officier de marine et compositeur, et de son frère Charles-Ambroise CRAS, médecin chef de cet hôpital.

Le compositeur6
Généralités
Jean Cras fait partie de cette catégorie de compositeurs qui nous ont laissé une musique transitoire entre la musique purement tonale et toutes ces musiques de recherche, de laboratoire, qui ont mené à tant de voies de garage. Tous ces compositeurs qui ont initié cette recherche du nouveau, de nouvelles couleurs, de nouvelles atmosphères sans basculer dans l’intellectualisme exacerbé sont, hélas, peu ou mal connus. Jean Cras, Charles Tournemire, Charles Kœchlin, Georges Antoine, Florent Schmitt,…
Peut-on concilier la marine et la musique ? Peu s’y sont essayés, aucun n’a réussi, semble-t-il, hormis Jean Cras. En effet, Nicolaï Rimsky-Korsakov, Albert Roussel ou Antoine Mariotte ont essayé de mener de pair une vie maritime et une vie musicale, mais tous trois arrivés à l’âge de trente ans se sont rendu compte qu’il y avait un choix à faire entre les deux : ou se consacrer intégralement à la musique, ou à la marine. Jean Cras est le seul à avoir su mener les deux fonctions sans qu’une des deux ne souffre d’un engagement excessif dans l’autre.
Ses parents aimaient fortement la musique, et ils transmirent leur passion à leurs enfants. Jean Cras commença déjà à composer dès l’âge de six ans. En 1892, il écrivait des petites pièces pour chant et piano et deux ans plus tard, il écrivit une messe à quatre voix avec orgue qu’il dirigea dans la vieille église de Saint-Marc, près de Brest.
Il prépare la « Navale » au lycée de Brest où il sera reçu à dix-sept ans. Parallèlement, il écrit une œuvre lyrique en deux actes inspirée par la légende d’« Echo », sur un poème d’un de ses meilleurs amis, Alfred Droin.
Il part en campagne sur l’Iphigénie : il voit l’Amérique, les Antilles, le Sénégal. Au retour, il compose des mélodies et un trio intitulé « Voyage symbolique ». Ensuite il se rend en Orient, puis revient à Toulon où il compose successivement une sonate pour violon, une pour alto, une autre pour violoncelle et des mélodies.
En 1900, il revient à Paris et fait la rencontre qui bouleversera sa vie : celle d’Henri Duparc. Tout de suite un lien très profond les unit au point même qu’Henri Duparc l’appellera plus tard le « fils de mon âme »7 . Chacun de ses congés est mis à profit pour étudier l’orgue à Paris chez Guilmant 1 Les leçons de Duparc portent vite leurs fruits : dès 1900 viennent au jour toute une série d’œuvres remarquables, touchant tous les domaines, que l’on peut qualifier de jeunesses, car Jean Cras n’a que la vingtaine quand il les écrit, mais dans lesquels les rigueurs franckistes ont déjà balayé les maladresses du débutant. Ainsi, entre 1901 et 1910, voient le jour :
- Sept mélodies,
- les fameux Poèmes Intimes pour piano,
- un Largo en fa m. pour violoncelle,
- un Trio en ut pour piano, violon et violoncelle,
- une Messe à quatre voix a cappella,
- son premier Quatuor à cordes, d’un contrepoint magnifique,
- et les Élégies pour chant et orchestre.
C’est aussi dans ces années qu’il voyage en Islande, en Terre-Neuve, en Tunisie, au Danemark, en Norvège et au Canada (Québec). Jean Cras n’est encore qu’un officier. Les cabines ne sont pas très grandes sur un bateau, mais il ne part que s’il a un piano. S’il n’y a pas assez de place pour un piano et une couchette, l’instrument primera dans le choix, et l’on fixera un hamac au-dessus.
En 1906, il se marie à une femme formidable, aussi excellente comme musicienne que comme femme de marin et d’artiste.2a
1908 est l’année qui voit, pour la première fois, l’édition de ses œuvres. « Cela, dit-il, ne répond certes pas pour moi à un véritable désir… En composant j’obéis à une force intérieure impérieuse, mais l’œuvre produite est comme un fruit mûr détaché de l’arbre et qui ne lui appartient plus ».
Le marin-compositeur qu’était Jean Cras explique très bien pourquoi il a su et — surtout — a tenu à mener ces deux fonctions en même temps : pour lui, ces deux métiers apparemment inconciliables tant ils sont accaparants, étaient complémentaires. En effet, Jean Cras était un homme de rigueur, de raison, qui ne composait pas pour le plaisir de noircir des portées : composer pour lui était un acte spirituel. Il supposait que la composition n’était pas le fruit unique du commun des mortels, mais un message d’un Être Supérieur qui « dictait » à une personne choisie. Il ne fait donc, lorsqu’il compose, que son devoir. Il est l’esclave, le subordonné d’une « voix intérieure ». Par contre, en tant que marin, c’est lui le maître, c’est lui qui commande, et c’est en cela qu’il considère ses deux métiers comme complémentaires et que pour une bonne santé psychique, il ne peut abandonner ni l’un, ni l’autre.
Lors d’une mission dans l’Adriatique en 1916, sur le torpilleur Commandant-Bory, ses moments de repos, très comptés, lui servent à achever l’orchestration de Polyphème.
Jean Cras compose des pièces pour piano : Danze et Paysages, une suite d’orchestre : Âmes d’enfants, qu’il adapte pour piano à six mains pour ses trois filles : Isaure, Colette et Monique. Six poèmes pour chant et piano (orchestrés en 1924) extraits de L’offrande lyrique de Rabindranath Tagore, ainsi qu’un quintette avec piano.
Quant à Polyphème, son orchestration est terminée en 1918. Elle obtient le 1er prix de la ville de Paris en 1921 et est montée à l’Opéra-Comique le 28 décembre 1922. Tout le monde attendait l’événement, peu de gens admettant une supériorité dans deux domaines si différents chez un même homme. Polyphème obtint le succès dès le premier jour. Le critique André Himonet salue le « souffle ardent et jeune qui circule d’un bout à l’autre de la partition… ».

Extrait du journal L’Excelsior, 26/12/1922
Jean Cras ne cesse de composer : pour preuve ce magnifique Trio à cordes, primé par l’Institut en 1926. En 1927 une suite en duo pour harpe et flûte ou violon et piano, inspirée par les balafons d’Afrique, qui se termine par une danse à onze temps, et en 1928 le superbe quintette pour harpe, flûte, violon, alto et violoncelle qui enchante le Journal de Bruxelles.
Ensuite viennent deux Impromptus pour harpe et des pages pour violon et piano : Air varié, Églogue, Habanera, Évocation, composés à chaque anniversaire de son fils Jean-Pierre, et un quatuor de saxophones [plutôt le quintette de 1924 ?].
Jean Cras a touché au domaine vocal aussi : après l’Offrande lyrique, il y a aussi les Fontaines, cinq poèmes de Lucien Jacques ; en 1925 viennent cinq chœurs pour voix d’hommes : Dans la montagne, sur des vers de Maurice Boucher3. En 1928, la Flûte de Pan, sur quatre poèmes de Lucien Jacques pour chant, flûte de Pan, violon, alto et violoncelle. Dans une lettre à Charles Kœchlin4, il explique le pourquoi de l’échelle des sept notes de sa flûte choisies pour stimuler son inspiration : « Je les ai choisies parce qu’elles m’ont plu… et une fois ce choix fait, il a bien fallu que je n’en utilise point d’autres tout le long du recueil, me créant ainsi à moi-même un obstacle stimulant mon inspiration …J’adore ce procédé, et je l’emploie très souvent. »
En 1927, une suite d’orchestre : le Journal de bord, en trois parties. Une superbe Légende pour violoncelle et orchestre, en 1929. Et ce trop injustement oublié Concerto pour piano, écrit en 1931, que sa fille Colette, pianiste , fit entendre chez Pasdeloup. Ce fut la dernière composition importante du contre-amiral Jean Cras. Comme la toute première, 39 ans auparavant, elle est signée de Saint-Marc.
Sentant sa fin approcher, il écrit la musique et les paroles des Trois chansons bretonnes (la rencontre, l’aveu, la mort), et dans un même style populaire breton, Deux chansons extraites du Chevalier étranger de Tanguy Malmanche, dont la musique de scène restera inachevée. C’est à l’hôpital maritime de Brest qu’en trois jours il succombe à une maladie foudroyante, à l’âge de cinquante-trois ans, le 14 septembre 1932.
Paul Landormy6 écrivait quelque temps plus tard : J’ai conservé de lui une image très nette. Je le vis une fois faire une conférence sur je ne sais quel sujet musical. Il s’y sentait fort mal à l’aise et le déclara sans détours. Il lui répugnait de parler de cet art musical qu’il adorait, mais dont il craignait de profaner le mystère. Il avait pour lui mieux à faire : écrire ses œuvres.
Il m’apparut ce jour-là si simple, si franc, si direct. Cette conférence qui consista surtout à déclarer en se fâchant qu’il ne voulait point la faire, qu’il ne la ferait point, fut délicieuse. J’aimais son élan, sa flamme, son ardeur, qui se traduisait au travers d’un visage pâle, maigre et d’un regard aigu traversé d’éclairs.
Ces vertus de Breton, il les portait inscrites sur son front. Seulement à le voir on ne pouvait que s’attacher à lui.
Jean Cras fut un homme complet, comme il en existe peu sur terre : un excellent marin, un musicien hors-pair, un savant, mais surtout un mari et un père peu commun, comme en témoigne sa correspondance. C’est un homme éminent et modeste à la fois, une personnalité attachante …
Nous finissons cette première partie sur cet entretien qu’eut Jean Cras en 1929 avec Lucien Chevalier, pour le Guide du concert, à qui il avoue sa préférence pour la musique de chambre :
Avant tout la musique est pour moi intériorité. Le son est la partie superficielle, sensible, par laquelle nous plongeons au fond de nous-même. Si l’on ne s’attache qu’à la « sonorité » même du son, on ne peut donc avoir de la musique qu’une impression dénuée de consistance. Sans méconnaître toutes les merveilleuses ressources du timbre, je trouve cependant qu’on a tendance aujourd’hui à tomber dans un matérialisme regrettable, prenant comme « objet » de l’art ces séductions sonores qui ne devraient être considérées que comme des « moyens » d’expression…
Les petites partitions des quatuors de Beethoven (le plus de substance dans le minimum de poids) ne m’ont pas quitté pendant des années… Ainsi cette forme épurée de la musique est devenue pour moi la forme essentielle, bien que je n’aie point dédaigné la symphonie et le théâtre, qui ne sont d’ailleurs que des aboutissants. Et puis j’ai passé trente ans à contempler des horizons vastes, des étendues à la fois uniformes et infiniment variées, des cieux illimités, à respirer des atmosphères vierges, à vivre de grands calmes ou d’immenses tourmentes : j’ai contracté l’amour de tout ce qui est pur… La musique de chambre a eu et aura toujours mes préférences… pourtant j’ai écrit avec une joie profonde certaines œuvres d’orchestre comme mon Journal de bord. Je suis attiré par tout ce qui est poésie délicate et profonde…
Quelques œuvres de Jean Cras sous la loupe…
La musique de Jean Cras est une musique unique en son genre. Elle n’a pas fait école et ne saurait faire école. Jean Cras est un indépendant qui a su allier la rigueur de la Schola à la mélodie libre, naturellement limpide d’un Debussy. C’est un mélodiste, comme son maître, Henri Duparc. Ses influences sont sa terre natale, la Bretagne (à qui il dédie son quatuor à cordes), les contrées qu’il lui a été donné d’explorer par son métier (l’Afrique, surtout) et son professeur et ami, Henri Duparc.
La Musique de Piano
Cras a relativement peu écrit pour piano (« indispensable dans un salon » dixit G. Flaubert in « Dictionnaire des idées reçues » !), mais le peu qu’il nous ait laissé est de grande qualité. Retenons les touchants Poèmes Intimes, composés entre 1902 et 1911 durant une campagne en Islande, Les Danze, composés pendant la guerre, alors qu’il commandait un torpilleur sur l’Adriatique, Les deux Paysages, (maritime et champêtre) et les Âmes d’enfants, écrites pour ses trois filles, Isaure, Colette et Monique, pour piano à six (petites) mains, ensuite transcrites pour être plus facilement jouables à quatre mains, et enfin orchestrées. Jean Cras décrit ces âmes d’enfants : « pures, naïves, mystérieuses ».
La mélodie
En tant qu’élève de Duparc, Cras ne pouvait se dérober à la composition de mélodies.
Nous avons cité plus haut les Élégies sur des vers d’Albert Samain ; l’Offrande lyrique, dédiée à sa femme, d’après six poèmes de Rabindranath Tagore, traduction en français d’André Gide ; les Fontaines, sur des vers de Lucien Jacques…
Retenons la fameuse Flûte de Pan (1928), dont les quatre pièces du recueil sont écrites sur une gamme de sept sons arbitrairement fixés : sol, si bémol, do, mi bémol, fa, sol bémol et la. Cras s’est ainsi délibérément fixé des barrières avant de commencer à composer. Preuve que la contrainte stimule l’imagination (c’est bien connu que c’est en temps de guerre que se font les plus rapides progrès technologiques…)
Une impression de monotonie ne pouvait être évitée qu’avec l’aide de combinaisons harmoniques riches et variées pouvant voiler l’échelle implacable imposée à la flûte. Je ne me vante pas d’avoir réussi… mais je sais bien que la difficulté que j’ai eu à vaincre m’a inspiré certaines trouvailles qui m’ont récompensé, qui m’ont rendu joyeux de m’être fixé un tel obstacle. (Lettre à Charles Kœchlin le 16 février 1932).
La musique de chambre
Nous voici dans le domaine préféré de Jean Cras, domaine dans lequel il a excellé. Ses premières œuvres de musique de chambre sont trois Sonates : [en 1900,] une pour violon et une pour alto ainsi qu’une pour violoncelle [1901]. Seule celle pour violoncelle est éditée. Vient ensuite un Trio en ut pour piano, violon et violoncelle (1907).
En 1909, Cras s’essaye à la formation la plus exigeante qui soit : le quatuor. Ce quatuor (« À ma Bretagne ») témoigne de sa maîtrise parfaite d’un contrepoint venu tout droit de la Schola. Seules quelques longueurs pourraient lasser l’auditeur actuel. Le Monde musical écrivait à sa création : « Quelle surprise ! La Nationale vient de donner le jour à une œuvre d’un inconnu qui, croyons-nous, est destinée à prendre rang parmi les meilleures productions modernes ». Il faut attendre ensuite 1922 pour que Cras revienne à la musique de chambre avec un Quintette à clavier dans lequel on sent l’influence des voyages : L’Afrique et l’Asie.
Pour les harpistes en manque de répertoire, citons les deux Impromptus de 1925.
Arrive alors un monument incontournable, l’année suivante : le Trio à cordes, avec dans son mouvement lent une évocation sublime de l’Orient avec l’usage d’une « polymodalité ».
En 1927 vient une Suite en duo pour harpe et flûte ou violon et piano, inspirée par les balafons d’Afrique.
Quatre petites pièces pour violon et piano écrites entre 1926 et 1929 pour fêter les anniversaires de son fils Jean-Pierre : Air varié, Habanera, Évocation (où il utilise un thème de l’enfant âgé d’à peine dix ans) et Églogue.
Un autre monument : le splendide Quintette pour harpe, flûte, violon, alto et violoncelle, d’une fraîcheur que peu d’œuvres nous apportent. Debussy nous aura charmé avec son superbe Trio pour flûte, alto et harpe, Cras nous régale avec cette formation peu commune, mais aux couleurs paradisiaques…
La musique pour orchestre
Cras aura peu écrit pour orchestre. Citons ses Âmes d’enfants, écrites pour ses trois filles et portées à l’orchestre par après, son Journal de bord (1927), suite symphonique en trois parties.
Deux pages concertantes : la Légende pour violoncelle et orchestre (1929) et le Concerto pour piano et orchestre, dédié à sa fille Colette, la future épouse d’Alexandre Tansman. Une superbe gamme exotique est évoquée dans le mouvement lent, puis les trompettes réveillent tout le monde au troisième mouvement. Parodie sans nul doute de la sonnerie qui appelle tout le monde sur le pont.
Le 6 février 1932, Colette exécute ce concerto aux concerts Pasdeloup sous la direction de Désiré-Émile Inghelbrecht[16].

Concerto pour piano et orchestre, 24/10/1931
Les innombrables évocations de voyages dans sa musique lui valurent le surnom de « Pierre Loti7 » de la musique. À noter aussi que Jean Cras était le cousin de Victor Segalen8.
La musique de scène
Son œuvre maîtresse est sans aucun doute Polyphème. Cette œuvre ne peut évidemment pas ne pas faire penser à Pelléas, représentée 18 ans auparavant. Une grosse différence toutefois : au lieu de tuer son rival, Polyphème (Golaud) se crève les yeux avant de se jeter à la mer. Même Yniold trouve son parallèle dans Polyphème : Lycas, avec une scène analogue à celle de l’enquête que mène Golaud au sujet de Pelléas et Mélisande… Ce qui a conquis Jean Cras dans le choix du texte, c’est l’omniprésence de la nature et de la mer, ainsi que le côté intérieur de la pièce. Polyphème est laid. Il aime Galatée qui lui préfère le berger Acis. Polyphème projette alors de tuer les deux amants, mais renonce et se crève les yeux, ne pouvant supporter une seconde de plus l’image du couple rival.
Devenir des œuvres de Jean Cras8
Le contre-amiral Cras ne laissa à sa famille qu’un petit héritage, la pension coutumière pour les veuves militaires, et des redevances très modestes de ses inventions et compositions. [Il n’avait rien touché de l’invention de sa règle de navigation, estimant qu’elle appartenait à la Marine. Son fils] Jean-Pierre fréquentait encore le lycée, et sa fille Isaure mourrait en 1934, Colette et Monique restant seules pour soutenir la famille par leurs arts respectifs. Les concerts de Colette mettent régulièrement en vedette les œuvres de son père. [Elle épouse Alexandre (Sacha)] Tansman9 en 1937 et suite à la naissance de Mireille (1939) et de Marianne (1940), la fréquence de ses concerts diminue. Pour survivre à la Seconde Guerre mondiale, la famille Tansman se réfugie à Nice et, [craignant l’antisémitisme10], quitte la France [en 1941] pour se réfugier à Hollywood, où l’ami de la famille Charlie Chaplin (1889-1977) a introduit Sacha comme compositeur dans le monde cinématographique11. Amis dévoués de la famille, Igor Stravinsky (1882-1971), vivant alors à Los Angeles, et Darius Milhaud, alors professeur au Mills College, près de San Francisco, [l’] ont aidé à obtenir des missions d’enseignement, [piano] et concerts de musique de chambre, présentant régulièrement les compositions de Cras et Tansman au public américain. Après la guerre, la famille est retournée [de son plein gré] à Paris, [recueillie par Isaure, mère de Colette, et sa fille Monique.] Colette et ses collègues ont continué à interpréter les œuvres de son père en concert. Heureusement, Radio-France a enregistré un bon nombre de leurs concerts, lançant finalement ses propres productions en studio de Polyphème en 1953 et 1958.
Des années de silence relatif ont suivi. Bien que les archives des membres de l’Union européenne de radio-télévision révèlent des productions en studio occasionnelles d’œuvres de Cras, ainsi que certains enregistrements de performances en direct, ce n’est qu’en 1980, suite à la publication par les Éditions Zodiaque de la monographie picturale de Monique Cras et Dom Angelico Surchamp (créateur de Zodiaque), que cet intérêt pour la musique de Cras a finalement commencé à se revitaliser. Cela a à son tour suscité la curiosité des communautés navales, maritimes et scientifiques, et en 1983, la Monnaie de la Ville de Paris a émis une pièce commémorative de 68 millimètres de diamètre, disponible en bronze (114 francs) et en argent (1625 francs), une face honorant le compositeur, l’autre l’Officier de Marine12. Immédiatement, on s’est indigné en Bretagne (journal Ouest-France) du fait que Cras et sa musique aient été ignorés par son propre pays13. Peu de temps après, les représentations de ses œuvres sont devenues plus fréquentes. [En 1986, Cybelia enregistre sur disque vinyle le concerto pour piano qui retient l’intérêt de certains critiques éminents, dont Henri-Louis de Lagrange, critique du grand quotidien Le Monde qui avait titré en 1ère page du quotidien : « Un génie français redécouvert ». Deux ans plus tard,], lorsque Radio-La France a décerné son Prix de la découverte au Trio Millière et au label Quantum pour le Trio pour cordes, le Quintetteavec harpe et La flute de Pan, la renaissance de ses œuvres était assurée. Depuis lors, la plupart d’entre-elles ont été enregistrées, et leurs exécutions ont considérablement augmenté en nombre. Notamment, l’American Harp Society a imposé Deux impromptus comme pièce de test requise pour sa compétition nationale en 1999.
[Dès 1993, Jean-Pierre Ferey, pianiste et directeur du label Skarbo qu’il avait créé trois ans plus tôt, enregistrait l’œuvre complète pour violon et piano de Jean Cras, commercialisée en CD fin 1995 après avoir réenregistré les Poèmes intimes. Le label Timpani Records fondé par Stéphane Topakian, a également sorti un premier enregistrement mémorable des mélodies de Cras à la même époque. Timpani et Skarbo ont par la suite grandement contribué à la promotion des œuvres de Jean Cras. Une dizaine de labels se sont par la suite intéressés à ses œuvres].
En 2003, le premier enregistrement commercial de Polyphème, dans son intégralité, a été publié [par Timpani]. Et en novembre 2005, coïncidant avec le week-end du jour du Souvenir14, Le Duquesne University Symphony Orchestra, conduit par le maestro Sidney Harth, avec le violoncelliste Mikhail Istomin, a créé Légende au Carnegie Music Hall de Pittsburgh, en direct sur National Public Radio15.
Pourquoi, alors, la musique de Jean Cras est-elle tombée dans l’obscurité pendant près d’un demi-siècle ? Comme prévu, sa carrière militaire est restée plus dans les mémoires réelles que sa carrière musicale. [Et nombreux sont ceux qui, connaissant bien la règle Cras sont] surpris d’apprendre que son inventeur avait également été un célèbre compositeur.
De temps en temps, le magazine mensuel de la marine, Cols bleus, publie un article sur Jean Cras, soit en mémoire d’une de ses victoires, soit lorsqu’un nouveau disque compact apparaît (voir la revue du 13 avril 1996)16; en juillet 1994, le magazine français Voiles et Voiliers17 publiait un essai biographique et pictural sur le gyrocompas de Cras et évoquait longuement son travail musical. [Mais] le monde musical [et] les grands chefs d’orchestre n’ont pas encore attribué à ses œuvres orchestrales le crédit qu’elles méritent, et les directeurs de maisons d’opéra ont eu tendance à une programmation conservatrice d’œuvres traditionnelles, telles que Carmen, La traviataet La bohème, refusant de prendre le risque financier de mettre en scène des œuvres moins connues telles que Polyphème…
[JP Ferey rappelle à ce sujet qu’après la seconde guerre mondiale, et contrairement au monde anglo-saxon, il n’y avait pas de maison de disques française puissante, capable de produire une politique à long terme d’œuvres classiques, nécessaire pour investir dans la redécouverte d’auteurs méconnus. Par exemple Charles Koechlin, élève puis assistant de Fauré, n’eut aucune discographie avant 1991. Idem pour de nombreux autres compositeurs français, comme Philippe Gaubert. Pourtant l’école française de composition fut extraordinairement talentueuse à partir de Fauré (grand pédagogue) et prolifique : compositeurs d’opérettes, le genre à la mode (dont Cras n’était donc pas), d’œuvres sérieuses, de chansons, etc…, on n’imagine pas le nombre de talents éminents de cette époque.
De plus l’héritage de Fauré, Debussy et Ravel fut si écrasant que l’industrie du disque et les programmateurs de concert avaient déjà fort à faire pour faire connaître ces trois géants de la musique…]
…La musique de Cras a [par ailleurs] été confrontée au problème d’être tonalement anachronique à une époque où l’avant-garde contrôlait une grande partie de la vie artistique européenne… Bien que nous doutions que Cras connaissait bien la Second Viennese School18 et son répertoire, il est probable qu’il n’aurait pas eu le temps de se pencher sur ce mouvement ni probablement d’en percevoir l’évolution — comme le faisaient la plupart des musiciens français de sa génération — vers une déshumanisation progressive de la musique19…une orientation quasi idolâtre, pangermanocentrique vers la composition et la théorie musicales, fondée sur l’idiome des douze tons, et assez similaire au wagnérisme paneuropéen qui a balayé le XIXe siècle, a évolué à partir des décombres de la Seconde Guerre mondiale… Une véritable colonie d’exclus d’environ soixante-dix compositeurs français rarement entendus même dans l’Hexagone a été involontairement constituée, et beaucoup n’ont pas encore assumé leur place légitime dans le panthéon musical…
[On ne peut que se réjouir de constater un regain d’intérêt de nombre de musiciens désireux de sortir des sentiers battus et motivés par la mise en valeur de ces compositeurs trop longtemps restés dans l’ombre. À titre d’exemple, et il y en a beaucoup d’autres, citons l’initiative du trio Van Baerle basé à Amsterdam pour interpréter le 24 avril 2019 au Palazzetto Bru Zane de Venise le trio pour piano n°2 de Jean Cras suivi du trio pour piano de Ravel, laissant à penser que les 2 œuvres « jouaient dans la même cour ».]
Le marin
Carrière maritime
Le site https: //parcoursdeviesdanslaroyale.fr/officiers_cras.htm permet de retracer la carrière maritime de Jean Cras :
- École Navale de 1896 à 1899
- Aspirant le 5 octobre 1899, il embarque sur le cuirassé Brennus, escadre de la Méditerranée, puis sur le cuirassé Saint-Louis
- Enseigne de Vaisseau le 5 octobre 1901
- 1902 : sur l’aviso Manche, station de Terre-Neuve et d’Islande
- 1903 : sur l’aviso-torpilleur Flèche, division navale de Tunisie
- 1905 : sur le Cassini, escadre du Nord
- Lieutenant de Vaisseau le 2 septembre 1908
- 1908-1910 : professeur d’architecture navale à l’École Navale
- 1er octobre 1910 : commandement d’un groupe de torpilleurs armés de la défense mobile de Brest
- 1911 : Adjoint de division du capitaine de vaisseau Ronarc’h : rédaction d’une tactique de torpilleur
- 1912 : Adjudant de division sur le Bouclier aux flottilles de la 1ère armée navale
- 1913 : Chevalier de la Légion d’Honneur
- 1914 : breveté de l’École Supérieure de Marine
affectation sur le Courbet comme aide de camp de l’amiral Lapeyrère,
chargé de la TSF et des flottilles de torpilleurs et sous-marins
- 1915 : affectation un temps au Ministère de la Marine, auprès de l’amiral Ronarc’h
(Service de défense contre les sous-marins)
- 1916 : commandement du torpilleur d’escadre Commandant–Bory
- 1917 : attaque avec vigueur d’un sous-marin
- 9 juillet 1918 : Capitaine de Corvette. Basé à Dieppe, il est Chef du Secrétariat du Chef d’État-Major Général de la Marine (Amiral Ronarc’h), et commande la 1ère escadrille de patrouille en Manche
- 19 février 1919 : citation à l’Ordre de l’armée, et fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre pour sa participation brillante à toutes les opérations effectuées en Adriatique depuis le début de la guerre.
- 11 septembre 1919 : Capitaine de Frégate. Il sert au ministère auprès de l’amiral Ronarc’h
- 16 juin 1920 : Officier de la Légion d’Honneur
- 1er janvier 1921 : Commandant le torpilleur Amiral-Sénès, en armement pour essais à Cherbourg, avec une escadrille de 8 torpilleurs sous ses ordres
- Janvier 1923 : Auditeur au Centre des Hautes Etudes Navales. Il est ensuite affecté au secrétariat permanent de la Défense Nationale
- 1924 : Capitaine de Vaisseau, le plus jeune de son grade. Il commande le croiseur Lamotte-Picquet puis le cuirassé Provence
- 1929 : retour à Paris, chef du service des recherches scientifiques à l’État-Major Général de la Marine
- 1er mai 1931 : Contre-Amiral et Major Général du 2ème arrondissement maritime à Brest
Règle-Rapporteur Jean Cras20
Vers 1905, Jean Cras avait commencé à finaliser la conception de cette règle-rapporteur de navigation. De la France aux îles Fidji, les marins et plaisanciers ainsi que les ingénieurs et pilotes aéronautiques veillent à ce qu’en plus des technologies les plus modernes et informatisées, leurs navires soient équipés de cet instrument de précision qui permet de naviguer au fil des étoiles. Pour cette contribution à la physique, Jean Cras a été intronisé à l’Académie des sciences navales en 1925.
La règle Cras est essentiellement une règle rectangulaire large avec les caractéristiques suivantes

- une flèche en haut pointe la règle dans la direction souhaitée lors du tracé d’un parcours ;
- deux petits points au milieu haut et bas indiquent les centres de deux demi-cercles ;
- deux demi-cercles gradués, ou rapporteurs qui sont utilisés à la fois pour mesurer un parcours et le tracer.
Il y a deux utilisations principales pour la règle-rapporteur Cras. Si nous connaissons déjà la trajectoire et l’avons tracée sur une carte de navigation, nous pouvons trouver le relèvement en utilisant un méridien ou un parallèle. Pour ce faire,
- aligner d’abord la règle de sorte que la flèche du compas pointe dans la direction à suivre,
- glisser ensuite le bord de la règle de sorte que le centre du cercle le plus au sud soit aligné avec un méridien ou parallèle.
La direction [en degrés] correspond au rapporteur [dont le centre a été placé sur] le méridien ou le parallèle, [le bon nombre étant celui qui se présente le plus droit pour l’œil.]
La règle-rapporteur Cras peut également être utilisée pour tracer une trajectoire en ligne droite étant donné le point de départ et la direction. Nous commençons par placer le bord long de la règle-rapporteur au point de départ. Tout en gardant le point de départ sur le bord de la règle, nous faisons glisser la règle jusqu’à ce que le centre du demi-cercle le plus au sud coïncide avec un méridien ou un parallèle. Maintenant, tout en gardant toujours le bord de la règle au point de départ, nous glissons le centre du demi-cercle le long du méridien ou parallèle jusqu’à ce que le marquage du compas pour la direction souhaitée coïncide avec ce méridien ou parallèle. Une fois cela réalisé, nous sommes en mesure de tracer la trajectoire le long du bord de la règle-rapporteur. Sans aucun doute, la règle-rapporteur Cras a représenté une avancée scientifique majeure pour son époque.
[Cette règle n’est plus guère en usage à l’époque du GPS, mais reste à portée de main en cas de panne ou de perte du réseau.]
Décorations
- Croix de guerre 1914-1918
- Chevalier de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (ordre italien – 14 septembre 1919)
- Officier de la Légion d’honneur (16 juin 1920)
- Médaille commémorative du Maroc
- Médaille commémorative de la guerre 1914-1918
- Médaille interalliée de la Victoire
Extraits de la correspondance de Jean Cras21
Thierry Bouillet a estimé indispensable de lire la correspondance avec son épouse. Rien d’indiscret de sa part, aucune intimité ne transparaissant dans ces échanges épistolaires, mais bien plus que cela : l’homme loin de sa famille fait part à son épouse de ses angoisses, de sa vision assez noire de l’Homme et de ses desseins horribles pour quelque pouvoir ou gloire. Il exprime son indignation envers l’homme qui est capable d’envoyer des milliers d’autres hommes au front pour s’enorgueillir d’avoir conquis tel territoire ou écrasé telle nation… Il lui fait part aussi de son amour, malgré l’éloignement…
Il écrivait à sa fiancée :
25 juin 1905 : Quand enfin nous serons unis…il faudra que vous-même vous me poussiez à composer…J’ai peur quelquefois de jouir d’une manière si intense de vous aimer, que toute autre jouissance s’éclipse pour moi…Je me souviens très bien, lorsque je ne vous aimais pas… souvent je réfléchissais à l’amour rêvé, et je me disais « Ce jour-là je ne composerai plus ».
Je l’avoue, je croyais absolument jusqu’ici, tant pour moi la composition est un épanchement de l’âme, que lorsque nous serions unis, je ne pourrais plus composer.
Je me trompais peut-être et ce qui me le ferait croire maintenant c’est le récit de la vie de Schumann. Cet exemple m’a prouvé que la production artistique et l’amour, loin d’être en opposition comme deux rivales, pouvaient au contraire se féconder l’une par l’autre.
12 mai 1906 : Je tressaille d’émotion quand je te vois sentir comme je le sens moi-même notre art chéri, cette musique qui nous fait entrevoir les joies de l’Au-delà. Car le bonheur que nous goûterons ensemble dans le ciel sera un bonheur musical, un bonheur inexprimable, pour lequel il n’y a pas de mots. Ah ! que j’aurai souffert et que je suis heureux de te sentir aussi profondément musicienne.
Ainsi nos deux âmes pourront se pénétrer plus que cela n’est possible à toute autre.
Un jour, il écrit à sa femme le portrait qu’il avait esquissé d’elle, en attendant sa venue :
28 juillet 1911 : L’homme n’étant qu’une moitié d’être que la femme doit compléter, je ne veux pas qu’elle soit, ni l’enfant dont tous les pas doivent être guidés, ni l’esclave qui obéit servilement sans discuter jamais. Ma femme devra me comprendre et me compléter en tout…C’est ainsi que je t’ai rencontrée, ma bien-aimée. Longtemps je t’ai observée, et plus je pénétrais dans ton intimité, plus mon amour grandissait pour toi.
Parfois, sa femme lui reproche de la sacrifier pour la musique :
16 janvier 1912 : A côté de toi j’ai placé les trois petites, mes anges délicieux que j’adore. La plus mignonne, on ne sait pas. Et mes regards se portent de la maman à mes filles et je me dis que mon cœur est tout plein de ces quatre êtres qui sont toute ma vie. Et je pense alors à la musique, à ce que tu dis quelquefois, que je l’aime plus que toi, plus que mes enfants, et en ce moment j’ai la sensation exacte et véridique des choses, je lis en moi comme dans un livre.
Non, bien-aimée, ne me dis plus jamais une chose qui n’est pas vraie et me fait beaucoup de chagrin. La musique me prend une grande partie de ma vie, je le sais, à quoi bon le nier ? mais j’obéis en composant à une force implacable et extérieure, indépendante de ma volonté…Mais je voudrais que tu sentes bien, et pour toujours, la profonde différence qui existe entre ma vie musicale et ma vie sentimentale. Je suis l’ouvrier qui tout le jour est sur le chantier, piochant péniblement, qui travaille encore le soir quelquefois… et dont le cœur n’est plein cependant que des êtres qui sont à son foyer. Oui, c’est vrai que je ne puis consacrer tout mon temps à toi, à mes chères petites filles, mais sache bien que c’est à vous que je consacre tout mon cœur.
Crois-moi bien, ma chérie, Si tu étais là, invisible, et si tu voyais les deux grosses larmes qui coulent lentement de mes yeux, tu sentirais combien je suis sincère et combien ce long et maladroit discours est vrai au fond.
Deux jours plus tard, il ajoute : Comme je suis content que tu aies compris tout ce que je t’ai écrit l’autre jour, et que tu ne doutes pas de tous les sentiments que je t’ai exprimés…
Quand la guerre éclate, il écrit :
23 octobre 1914 : Il fait aujourd’hui un temps radieux, calme parfait, température douce. Ciel pur… Toute la nature respire la paix, l’amour… et nous sommes en guerre ! en haine. Sale animal que l’homme !
Le métier de marin est un métier rude, en témoigne cette lettre adressée à sa femme, en pleine guerre :
21 janvier 1915 : Je suis persuadé que ce sont les quarts de nuit qui font qu’on est si vite usé dans la Marine. Ce n’est pas seulement le quart en lui-même, mais bien plus le réveil brusque en plein sommeil, le choc nerveux infligé à l’organisme, lorsqu’on l’oblige à passer du profond sommeil au saut du lit, qu’il faut se plonger brutalement la tête dans l’eau pour se secouer, pour abréger ce passage pénible du sommeil à la veille.
22 mai 1915 : Oh ! Comme nul bonheur n’est comparable à celui de posséder un être avec lequel on ne fait qu’un… Tout le bonheur est justement dans cet abandon complet de l’être vis-à-vis de l’être que l’on aime. Pas de différence de niveaux. Deux étangs de même hauteur qui communiquent entre eux , dont les eaux se mélangent librement.
Il félicite sa femme de comprendre ce que les exigences d’un métier qui les éloigne l’un de l’autre peut leur apporter :
17 avril 1916 : C’est une grande joie pour moi, vois-tu, que toi aussi, tu aimes la mer, malgré toutes les séparations que nous lui devons…cette séparation n’aura pas été inutile. Tu comprends cela. Tout le monde à ta place ne le comprendrait pas. C’est beau de le comprendre et je suis fier de toi.
Parfois, il lui est difficile de faire son devoir, mais qu’à cela ne tienne : quand Jean Cras a un rôle à tenir, il le tient :
10 juin 1916 : Comme je viens de le dire à mon second, notre premier devoir est d’empêcher les hommes de commettre des fautes. Hier il a été gravement coupable de ne pas grouper mes hommes en détachements…Tu ne peux te figurer comme cela me fait mal au cœur de penser qu’il va falloir commencer à punir… Et je punis sévèrement, tant je sens que c’est mon devoir de le faire… Mais j’en ai le cœur malade.
Il évoque l’attente de sa future femme :
26 juillet 1916 : Et puis, et puis…, il y a un fait important qui est le secret de mon existence de jeune homme, c’est l’attente dans laquelle j’ai vécu de celle qui devait arriver et qui est venue…
Cette lettre où il évoque cette nouvelle séparation que leur inflige la mer :
25 octobre 1917 : Ce qui te rend la vie si affreuse… c’est que je ne sois pas à tes côtés. Oh ! comme je l’ai senti pendant ces quarante-huit heures où je t’ai retrouvée…Et tu me disais, toujours avec le même regard étrange… » Jamais je ne t’ai tant aimé. Je ne peux plus vivre sans toi »…
Jean Cras est un profond croyant. Pour lui, « un homme qui sent vraiment l’art, et en particulier la musique, ne peut honnêtement nier l’existence d’un dieu », en témoigne cette lettre :
13 novembre 1917 : J’ai achevé le livre de Tagore qui pourrait avoir été écrit en entier par un mystique chrétien.
Il y a dans tout ce livre une soif de Dieu tout à fait impressionnante. Et cette similitude parfaite entre le Dieu de cet Indien et notre Dieu chrétien, loin de me troubler, loin de me faire répéter ce que j’ai si souvent entendu dire : « Pourquoi avez-vous la prétention de détenir la vraie religion, alors que des millions d’individus en ont d’autres ? » ne fait que renforcer au contraire ma foi chrétienne et l’inonder d’une lumière nouvelle.
Il n’y a pas de Dieu indien et de Dieu chrétien. Il y a Dieu que tout homme peut sentir en lui, s’il s’y laisse prêter…
Pour Jean Cras, la musique naît de l’amour :
8 février 1918 : C’est vrai que je parle bien souvent de mes petites notes et quelqu’un me connaissant mal pourrait en conclure que je fais passer ma musique avant toute autre chose… en particulier avant ma femme et mes enfants.
Mais toi qui me connais, tu sais à quoi t’en tenir, n’est-ce pas ? L’art n’est-il pas amour d’ailleurs… Et peut-on être utile sans aimer ? …Je ne suis jamais plus près de toi, dans ces jours d’exil, que lorsque je compose.…Car sois bien sûre que c’est par l’âme et non par le corps qu’un amour se développe.
Voici la définition du mariage, par Jean Cras :
8 mars 1918 : Je sais que la seule union complète sur la terre est celle de deux époux..
Que de choses pourrait-il nous apprendre, s’il vivait encore ! Au-delà de sa musique merveilleuse, Jean Cras se révèle, par sa correspondance, un homme charmant, mais profond, d’une grande sensibilité, et qui trouve toujours, comme dans sa musique, le bon mot, au bon moment…
Généalogie22
Arrière Gds-Parents Charles-Marie Cras, cultivateur à Châteauneuf du Faou, épouse Marie-Yvonne Seval
Grand-Père : Jean-Yves Cras (1793-1875), sergent sous l’Empire, maître-bottier à Lambézellec
Parents :Pierre-Charles Cras (1836-1889), médecin en chef de la Marine, épouse Amélie Robin 1843-1938
Fratrie :
- Charlotte 1865-1865
- Marie 1866-1929
- Amélie 1868-1936
- Gabrielle 1870-1954
- Mathilde 1872-1934
- Pauline 1875-1948
- Charles 1875-1959, Médecin-Général de la Marine23
- Jean 1879-1932, Amiral, Compositeur
- Pierre 1886-1968, Officier de Marine

Épouse: Isaure Paul 1875-1967 – Mariage le 24 janvier 1906 en l’église Saint-Jacques, Paris 5e, Henri Duparc jouant à l’orgue la Grande Marche Nuptiale qu’il avait composée 2 ans plus tôt
Enfants:
- Isaure, (1907–1934), surnommée Zézette, épouse Tardy
- Colette (1908–1953) épouse en 1939 le compositeur polonais Alexandre Tansman (1897–1986). Enfants : Mireille 1939 et Marianne 1940
- Monique (1910–2007), peintre africaniste, affichiste, musicienne. Étudie la peinture à l’École des Beaux-Arts avec Jean-Paul Laurens, célèbre peintre et sculpteur, allié aux Cras par son petit-fils Jean-Claude Laurens (fils de Paul-Albert) qui a épousé Gisèle de Fourcaud, dont la mère Gabrielle était une sœur de Jean.
- Jean-Pierre (1918—–948)

Contemporain du poète Victor Segalen (1877–1919), dont la grand-mère (Aline Cras) est la fille du grand-père de Jean (Jean-Yves Cras), les 2 « cousins » se voyant très souvent à Brest. Lionel Lafontaine, membre de l’Association Victor Segalen à Brest, écrivait en 2019 (Victor Segalen et la Bretagne) :
Victor Segalen comptait, parmi ses nombreux cousins et cousines brestois, toute la tribu de la vaste famille Cras, parmi lesquels son cousin Jean Cras, qui deviendra contre-amiral et célèbre compositeur auquel il sera rendu hommage cette année à Brest. Son père, l’Oncle Pierre-Charles Cras, médecin de la Marine, avait fait bâtir en 1874 une « campagne », résidence d’été face à la rade de Brest, dans le vieux quartier de Saint-Marc près de Brest.


Victor Segalen est également honoré d’un monument faisant face à celui de Jean Cras sur le Cours Dajot à Brest.
Jean Cras était lié d’amitié avec Albert Roussel (1869–1937), de dix ans son aîné, également admis à l’École Navale en 1887. Ce dernier démissionnera en 1894 pour se consacrer entièrement à la musique. Il est enterré à Varengeville sur Mer (Seine-Maritime)
Fonds Jean Cras
https://www.yumpu.com/fr/document/read/40103365/fonds-jean-cras-macdiathaque-musicale-mahler/1
Ce très beau fonds, déposé en 2011 à la Médiathèque Musicale Mahler, 11bis rue de Vézelay, Paris 8e (+33 1 53 9 09 10), regroupe l’essentiel des archives du compositeur. Il comprend notamment les manuscrits de 64 des œuvres musicales de Jean Cras (esquisses, brouillons, copies au propre, souvent de différentes versions, dont l’ensemble de l’opéra Polyphème), plusieurs autres fragments de manuscrits, des esquisses musicales, un ensemble de près de 400 lettres (de J. Cras ou adressées à lui), de nombreuses coupures de presse (1909-1970), un lot de documents iconographiques (plaques de verre, photographies, certaines dédicacées), des programmes de concerts (1909-1935), ainsi qu’une centaine de documents divers (papiers personnels, textes autographes, contrats, publications).
Catalogue des œuvres
Sources : LBo=Mme Le Botereff (voir Paul-André Bempéchat : Jean Cras, Polymath of Music and Letters p.181 et 553 à 556)
https://www.musicologie.org/Biographies/c/cras_jean.html
https://data.bnf.fr/fr/documents-by-rdt/13892820/tum/page1
https://catalogue.bnf.fr/rechercher.do?index=AUT3&numNotice=13892820
| Réf. LBo | Année compo. | Titre | Catégorie | Compact Disques |
|---|---|---|---|---|
|
1 |
1892 |
Marche funèbre (violon et piano) |
Chambre | |
|
9/1 |
1892 |
Dans l’alcôve sombre |
Chant et piano | |
|
9/2 |
1892 |
À une enfant |
Chant et piano | |
|
9/3 |
1892 |
Chanson |
Chant et piano | |
|
9/4 |
1893 |
Ballade (voix et piano) |
Chant et piano | |
|
9/5 |
1893 |
Nuit de lune |
Chant et piano | |
|
9/6 |
1893 |
Avril |
Chant et piano | |
|
9/7 |
1893 |
Les trois oiseaux |
Chant et piano | |
|
9/8 |
1893 |
Brunette |
Chant et piano | |
|
9/9 |
1893 |
Je suis l’oiseau |
Chant et piano | |
|
9/10 |
1893 |
Au mois de rose éclose |
Chant et piano | |
|
9/11 |
1893 |
Triste exilé |
Chant et piano | |
|
2 |
1893 |
Trois valses, pour piano |
Piano | |
|
9/22 |
1893-94 |
Les morceaux du paradis |
Chant et piano | |
|
3 |
1894 |
Morceau, violoncelle, piano |
Chambre | |
|
4 |
1894 |
Marche nuptiale, pour orgue |
Orgue |
Timpani 1C1120 |
|
5 |
1894 |
Ballade (violon, piano) |
Chambre | |
|
6 |
1894 |
O Salutaris Ostia, voix soliste, orgue |
Chant et orgue | |
|
7 |
1894 |
Messe a capella à quatre voix en ré mineur |
Chant | |
|
8 |
1894 |
A la lumière des lustres, pour piano |
Piano | |
|
1894 |
Trio pour violon, violoncelle et piano |
Chambre | ||
|
9/12 |
1894 |
Chanson de printemps |
Chant et piano | |
|
9/13 |
1894 |
Chanson d’été |
Chant et piano | |
|
9/14 |
1894 |
Chanson d’automne |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
9/15 |
1894 |
Chanson d’hiver |
Chant et piano | |
|
9/16 |
1893-94 |
Chanson japonaise |
Chant et piano | |
|
9/17 |
1894 |
Avril d’amour |
Chant et piano | |
|
9/18 |
1894 |
Hiver |
Chant et piano | |
|
9/19 |
1894 |
Hiver |
Chant et piano | |
|
21/3 |
1894 |
Aurore |
Chant et piano | |
|
21/4 |
1894 |
Mutisme |
Chant et piano | |
|
9/20 |
1895 |
Elégie |
Chant et piano | |
|
9/21 |
1895 |
Ophélie |
Chant et piano | |
|
21/20 |
1896 |
sans titre |
Chant et piano | |
|
10 |
1895-97 |
Echo, idylle antique en 2 actes sur un livret d’ A Droin) |
Drame lyrique | |
|
21/7 |
1897 |
Chant d’automne |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
21/8 |
1897 |
Les chaînes |
Chant et Piano | |
|
21/9 |
1898 |
Chant d’amour |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
21/10 |
1898 |
La chanson du souvenir |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
21/11 |
1899 |
Derniers vers de Musset |
Chant et Piano | |
|
21/12 |
1899 |
Viens, chère… |
Chant et Piano | |
|
21/13 |
1899 |
Vierge lointaine |
Chant et Piano | |
|
13 |
1899 |
À l’automne, pour 2 voix et piano |
Chant et piano | |
|
1899 |
Choral, orgue |
Chant et orgue | ||
|
1899 |
Panis angelicus, voix soliste, orgue |
Chant et orgue | Timpani 1C1120 Symétrie 2016 | |
|
1899 |
Trio n°1 pour violon, violoncelle, piano : Voyage Symbolique |
Chambre | ||
|
16 |
1900 |
Impromptu pastoral, pour piano |
Piano | |
|
16b |
1900 |
Impromptu pastoral pour orchestre (vents, cuivres et percussion) |
Orchestre | |
|
17/1 |
1900 |
Première sonate (L’esprit) pour violon et piano |
Chambre | |
|
17/2 |
1900 |
Deuxième sonate, pour alto et piano |
Chambre | |
|
18 |
1900 |
La Tour, pour voix et piano (inachevé) |
Chant et piano | |
|
21/14 |
1900 |
Minute d’extase |
Chant et Piano | |
|
21/15 |
1900 |
Heures ternes |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
21/16 |
1900 |
Désirs d’hiver |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
28/6 |
1900 |
L’espoir luit comme un brin de paille (Verlaine), mélodie N° 6/7 |
Chant et Piano | Timpani 1C1160 Maguelone 111176 |
|
28/7 |
1900 |
Le son du cor (Verlaine), mélodie N° 7/7 |
Chant et Piano | Timpani 1C1160 Maguelone 111176 |
|
1901 ? |
Le jet d’eau |
Chant et Piano | ||
|
17/3 |
1901 |
Sonate pour violoncelle et piano |
Chambre | Timpani 1C1151 Alpha Cl. ALPHA1085 |
|
19 |
1901 |
Andante religieux, pour orchestre |
Symphonie | |
|
20 |
1901 |
Petite pièce en fa majeur, pour piano |
Piano | |
|
21/17 |
1901 |
La Cloche |
Chant et Piano | |
|
21/18 |
1901 |
Mélancolie |
Chant et Piano | |
|
21/19 |
1901 |
La vie intérieure |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
21/20 |
1901 ? |
Puisque nulle moisson au monde |
Chant et Piano | |
|
1901 |
Scherzo, pour piano |
Piano | ||
|
28/1 |
1901 |
Correspondances (Ch. Baudelaire), mélodie n°1/7 pour piano et soprano |
Chant et Piano |
Maguelone 111176 |
|
28/2 |
1901 ? |
Rêverie (A. Droin), mélodie n° 2/7 pour piano et soprano |
Chant et Piano | |
|
28/3 |
1901 ? |
Nocturnes (A. Droin), mélodie n° 3/7 pour piano et soprano |
Chant et Piano | |
|
28/4 |
1901 |
Douceur du soir (G. Rodenbach), mélodie n°4/7 pour piano et soprano, |
Chambre | Timpani 1C1025 Timpani 1C1085 |
|
36/1 |
1902 |
En Islande (n°1 des cinq poèmes intimes), pour piano |
Piano |
Timpani 1C1033 et ???? Skarbo DSK4128, 4941,1986 et 1153 |
|
36/2 |
1902 |
Preludio con fughetta (n°2 des cinq poèmes intimes), pour piano |
Piano | Timpani 1C1033 et ???? Skarbo DSK4128, 4941,1986 et 1153 |
|
36/3 |
1902 ? |
Au fil de l’eau (n°3 des cinq poèmes intimes), pour piano |
Piano | Timpani 1C1033 et ???? Skarbo DSK4128 ou 4941 |
|
25 |
1903 |
Largo en fa-dièse, pour violoncelle et piano, créé en 1934 |
Chambre | Timpani 1C1151 Skarbo DSK4197 |
|
22 |
1904 |
Messe (ou Choral) à 4 voix pour grand orgue |
Chant et orgue |
Timpani 1C1120 |
|
23 |
1904 |
Valse en mi-majeur, pour piano |
Piano | |
|
24 |
1904 |
Grande marche nuptiale, orgue |
Orgue | |
|
24b |
1904 |
Grande marche nuptiale, pour orchestre militaire |
Orchestre | |
|
36/4 |
1904 |
Recueillement (n°4 des cinq poèmes intimes), piano |
Piano | Timpani 1C1033 et ???? Skarbo DSK4128, 4941, 1986 ou 1153 |
|
26 |
1905 |
Ave verum corpus, voix soliste, orgue et cordes |
Chant et orgue | Timpani 1C1120 Symétrie 2016J |
|
28/5 |
1905 |
Mains lasses (G. Rodenbach), mélodie n°5/7 pour piano / soprano |
Chant et Piano | Timpani 1C1160 Maguelone 111176 |
|
28/1-7 |
1900-05 |
7 mélodies pour voix et piano (Voir plus haut mélodies n° 1/7 à 7/7) arrangement avec accompagnement de quatuor à cordes |
Chant et Piano |
Timpani 1C1160 et 1C???Maguelone 111176 |
|
28b |
1901-05 |
3 mélodies pour chant et quatuor à cordes |
Chant et Piano | |
|
29 |
1907 |
Trio n°2 pour violon, violoncelle et piano en do majeur |
Chambre | Timpani 1C1151 Euromuses L3 CRA13 Pavillon Bleu Réf ? |
|
30 |
1907-08 | Messe à 4 voix a capella en ré-mineur |
Chant |
Timpani 1C1120 |
|
31 |
1909 |
Regina coeli, voix et orgue |
Chant et orgue |
Timpani 1C1120 |
|
32 |
1909 |
Quatuor à cordes n° 1 À ma Bretagne |
Chambre | Timpani 1C1066, 1134 Skarbo DSK4181 BNL Production 112860 Klarthe K071 |
|
32a |
1909 |
Quatuor à cordes n°1, pour piano à 4 mains |
Piano | |
|
33 |
1910 |
Ave Maria, voix soliste, orgue |
Chant et orgue | Timpani 1C1120 Symétrie 2016 |
|
34 |
1910 |
Élégies, 4 poèmes sur des textes d’Albert Samain, pour voix et orchestre) 1-Désir 2-Dans le parc 3-Soir 4-Arrière-Saison |
Chant et orchestre |
Timpani 1C1160 |
|
35 |
1910 |
Élégies, 4 poèmes sur des textes d’Albert Samain, pour voix et piano) 1-Désir 2-Dans le parc 3-Soir 4-Arrière-Saison |
Chant et Piano | |
|
36/5 |
1911 |
La maison du matin (n°5 des cinq poèmes intimes), pour piano |
Piano | Timpani 1C1033 Skarbo DSK4128 ou 4941 |
|
36/1-5 |
1902-11 |
Cinq poèmes intimes (voir plus haut poèmes n°1 à 5) |
Piano | Timpani 1C1033Skarbo DSK4128 4941, 1986, 1153 Syrius SYR141393 dsr |
|
37 |
1912 |
Aux étoiles, pour piano 4 mains |
Piano | |
|
38 |
1912-16 |
Polyphème, opéra en 5 actes, sur un livret d’Albert Samain |
Opéra |
Timpani 3C3078 |
|
39 |
1917 | 4 Danze 1-Danzo morbida 2-Danza scherzosa 3-Danza tenera 4-Danza animta |
Piano | Timpani 1C1033 et ???? Skarbo DSK1986, 1153 Syrius SYR141393 dsr |
|
40 |
1917 |
2 Paysages (maritime, champêtre), pour piano |
Piano | Timpani 1C1033 et ???? Skarbo DSK1986, 1153 Syrius SYR141393 dsr Sol Mineur Prod P2022 |
|
41 |
1917 |
Âmes d’enfants, pour 6 petites mains |
Piano | |
|
41 |
1918 |
Âmes d’enfants, pour piano 4 mains |
Piano | CybeliaSkarbo DSK4073 Syrius SYR141430 |
|
42 |
1918 |
Âmes d’enfants, pour orchestre |
Orchestre |
Hortus DL 2019 |
|
1918 |
Interlude de Polyphème, pour piano |
Piano |
Syrius SYR141430 | |
|
1918 |
Interlude de Polyphème, pour violon et piano |
Chambre | ||
|
43 |
1919 à 1922 |
4 pièces pour les 4 premiers anniversaires de son petit Jean-Pierre, pour piano |
Piano |
Timpani 1C1200 |
|
1920 |
La Chair, pour violoncelle et piano |
Chambre | ||
44 et45/1-6 |
1920 | L’offrande lyrique, texte de R. Tagore (traduction d’André Gide), pour voix et piano (arrangement avec accompagnement d’orchestre), 1 Cueille cette frêle fleur, 2 Si tu ne parles pas, 3 Si le jour est passé, 4 À mes côtés, il est venu s’asseoir, 5 Oui, je le sais bien, 6 Lumière !, dédicacée à son épouse |
Chant et Piano | Timpani 1C1025, 1085 Timpani 1C1160 |
|
1921 |
La tour de Penhoat, musique de scène inachevée |
??? | ||
|
1921 |
Âmes d’enfants, version symphonique |
Symphonie | Timpani 2C2037 et 2088, 1C1200 Cybelia CY664 et 803 | |
|
46 |
1921 |
Image, poème d’édouard Schneider, pour voix et piano, dédicacé Gabrielle Gills |
Chant et Piano |
Timpani 1C1025, 1085, et 1160 |
|
1921 |
Quatuor à cordes, version pour piano à 4 mains |
Piano | ||
|
1921 |
L’Offrande Lyrique, pour voix et orchestre |
Œuvre vocale | ||
|
1922 |
Âmes d’enfants, piano et harpe |
Piano et harpe | ||
|
47 |
1922 |
Quintette pour piano et quatuor à cordes |
Chambre | Timpani 1C1134, 1066Skarbo DSK4181 Oxalys EC8074 Passacaille EC8074 et PAS1067 |
|
48/1-5 |
1923 |
Fontaines, poème de L. Jacques, version pour voix et piano |
Chant et Piano |
Timpani 1C1025, 1085 |
|
49 |
1923 |
La villa des pinsons, pour orchestre, symphonie inachevée |
Orchestre | |
|
52/1-5 |
1924 |
5 Robaïyats de Omar Khayyam (traduction par F Toussaint), pur voix et piano |
Chant et Piano | Timpani 1C1025, 1085 Maguelone 111176 |
|
51 |
1924 |
Prélude et danse (« Demain »), pour orchestre |
Orchestre | |
|
1924 |
Quintette avec piano |
Chambre | ||
|
1924 |
Quintette avec saxophone |
Chambre |
Éditions Lemoine 2015 | |
|
53 |
1925 |
Hymne en l’honneur d’une sainte, pour voix féminines et orgue |
Œuvre vocale |
Timpani 1C1120 |
|
54/1-5 |
1925 | Dans la montagne, 5 pièces pour chœur masculin, poèmes de M Boucher, accompagnement de piano 1- L’appel de la cloche 2- La Route 3- Un jeune sapin se balance 4- Soir 5- Nuit |
Œuvre vocale |
Timpani 1C1120 |
|
55/1-5 |
1925 |
Fontaines, mélodies (version pour voix et orchestre) |
Œuvre vocale | |
|
56 |
1925 |
2 Impromptus, pour harpe |
Harpe | Timpani 1C1179 Harp & Company CD 5050-24 |
|
56b |
1925 |
2 Impromptus, pour piano |
Piano | Skarbo DSK1986, 1153 Syrius SYR141430 |
|
57 |
1926 |
La tour de Penhoat | ||
|
1926 |
Air varié pour violon et piano (pour les 8 ans de son fils) |
Chambre | Timpani 1C1200 Skarbo DSK4128, 4941 | |
|
58 |
1926 |
1/4 petites pièces pour violon et piano |
Chambre | |
|
59 |
1926 | Trio à cordes pour violon, alto et violoncelle (prix Chartier de l’Institut de France) |
Chambre | Timpani 1C1179 Quantum QM6897 et 2000-01-17 CMAP 002 Ars Produk. ARS38263 Klarthe K091Arion P2017 |
|
60 |
1927 |
Suite en duo, flûte, harpe |
Chambre | Timpani 1C1179Harp & Company CD-5050-24 Skarbo DSK 4012, 4128, 4941 Pan Classics 510146 HänsslerClas. HC20041 Philips 476 5978 Duo Entracte DL2013 Quantum P2000 |
|
61 |
1927 |
2/4 petites pièces pour violon et piano |
Chambre | |
|
1927 |
Suite en duo, violon et piano |
Chambre |
Skarbo DSK4128, 4941 | |
|
63 |
1927 |
Journal de bord, suite symphonique |
Symphonie | Timpani 2C2037 et 2C2088 Cybelia CY664 et 803 |
|
1927 |
Habanera, violon et piano (pour les 9 ans de son fils) |
Chambre | Timpani 1C1200 Skarbo DSK4128 et 4941 | |
|
64 |
1928 |
Quintette, flûte, violon, alto, violoncelle, harpe |
Chambre | Timpani 1C1179Harp & Company CD-5050-24 Oxalys EC8074 Quantum QM6897et 2000-01-17 Passacaille EC8074 et PAS1067 Auvidis Valois V4739 Naïve V5129 Hänssler Clas.D168229 Tempelhof Initiale INL15 |
|
1928 |
3/4 petites pièces pour violon et piano |
Chambre | ||
|
1928 |
Évocation pour violon et piano (pour les 10 ans de son fils) |
Chambre | Timpani 1C1200 Skarbo DSK4128 et 4941 | |
|
66 |
1928 |
Vocalise – Etude : valse à 11 temps pour voix et piano |
Chant et Piano | |
|
67/1-4 |
1928 |
La Flûte de Pan |
Chant, flûte et cordes | Timpani 1C1025, 1085 Passacaille EC8074 et PAS1067Quantum QM6897 et 2000-01-17 Passacaille PAS1067 |
|
69 |
1929 |
Soir sur la mer, mélodies pour piano et soprano |
Chambre |
Timpani 1C1025, 1085 |
|
70 |
1929 |
4/4 petites pièces pour violon et piano |
Chambre | |
|
71 |
1929 |
Légende pour violoncelle et orchestre |
Concerto | Timpani 2C2037, 2088 Kendalc’h DS396092 |
|
71b |
1929 |
Légende pour violoncelle et piano |
Chambre | |
|
72/1-3 |
1929 |
Trois Noëls, sur des poèmes de L Chancerel, pour voix solistes, acteurs, chœur de chambre, piano |
Chant et Piano | |
|
72a/1-3 |
1929 |
Trois Noëls, sur des poèmes de L Chancerel, pour voix solistes, acteurs, chœur de chambre, orchestre |
Chant et orchestre |
Timpani 1C1160 |
|
1929 |
Églogue, pour violon et piano (pour les 11 ans de son fils) |
Chambre | Timpani 1C1200 Skarbo DSK4128 et 4941 | |
|
1929 |
Épilogue pour violon et piano |
Chambre |
Skarbo DSK4128 et 4941 | |
|
73 |
1930 |
Le chant des nations, œuvre chorale |
Œuvre vocale | |
|
1931 |
Concerto pour piano et orchestre |
Concerto | Timpani 2C2037, 2088 Cybelia CY664 | |
|
1932 | Deux chansons, mélodies pour piano et baryton Le Roi Ludovic Le chant du barde |
Chant et Piano | Timpani 1C1025, 1085 Maguelone 111176 | |
|
74 |
1932 |
Concerto pour piano et orchestre, version pour 2 pianos |
Concerto | |
|
74a |
1932 |
Concerto pour piano et orchestre, version pour 4 mains |
Concerto | |
|
75 |
1932 | Trois chansons bretonnes, textes de Jean Cras, pour voix et piano |
Chant et Piano | Timpani 1C1200Polymnie POL 602 110 Maguelone 111176 Polymnie POL602110 Sony Music Ent. P2020 Buchères DL 2019 |
|
76 |
1932 |
Le chevalier étranger, opéra (fragments) |
Opéra | |
|
76a/1-2 |
1932 | Deux chansons, extraites du Chevalier étranger (piano et voix) (musique de scène inachevé) |
Opéra | |
|
76b/1-2 |
1932 |
Choeurs du Chevalier étranger |
Opéra | |
|
Divers |
L’orchestre rustique : divers mouvements composés par Jean Cras pour illustrer les diverses périodes qu’il a traversées (à valider) |
Enregistrements sur CD24
| LABEL ET TITRE | INTERPRETES | POCHETTE | DATE ENR. | CONTENU | DATE COMPO. |
TIMPANI |
|
|
|
| |
Mélodies Réf ??? |
1995 | ||||
L’œuvre pour orchestre (2CD) Réf 2C 2037 | Alain Jacquon, piano Henri Demarquette, violoncelle Orch.Phil.du Luxembourg Dion JF Antonioli |
1996 | Journal de bord Âmes d’enfants Légende Concerto pour piano | 1927 1921 1929 1931 | |
L’œuvre pour orchestre (2CD) Réf 2C 2088 | Alain Jacquon, piano Henri Demarquette, violoncelleOrch.Phil.du Luxembourg Dion JF Antonioli | 1996 et 2008 et 2010 | Journal de bord Âmes d’enfants Légende Concerto pour piano | 1927 1921 1929 1931 | |
Quintette pour piano et cordes-Quatuor à cordes Réf 1C1066 | Alain Jacquon, piano Aleksandr Khramouchin, violoncelle Ilan Schneider, alto Philippe Koch, violon Quatuor Louvigny | 2002 et 2007 | Quintette pour piano et cordes Quatuor à cordes N° 1, À ma Bretagne | 1922 1909 | |
| Polyphème (3CD) Réf 3C3078 | Armand Arapian, baryton (Polyphème) Sophie Marin-Degor, soprano (Galatée) Yann Beuron, ténor (Acis) Orch. Phyl. Luxembourg Dion Bramwell Tovey IDFrance Vittoria regional choir | 2003 | Polyphème (4 actes) | 1916 | |
L’œuvre de piano Réf 1C1033 |
Alain Jacquon, piano | 1995 et 2004 | 4 Danze Paysage maritime Paysage champêtre 5 Poèmes intimes – En Islande – Preludio con fughetta – Au fil de l’eau – Recueillement – La maison du matin | 1917 1917 1917 1902 1902 1902 ? 1904 1911 | |
Mélodies Réf 1C1025 | Alain Jacquon, piano |
2004 | 5 Robaïyats | 1924 | |
Mélodies Réf. 1C1085 | Alain Jacquon, piano |
2004 | 5 Robaïyats | 1924 | |
Œuvres pour piano Réf. ?? |
Alain Jacquon, piano |
2004 | 4 Danze | 1917 1917 1917 1902 1902 1902 ? 1904 1911 | |
Quintette avec piano | Alain Jacquon, piano |
2007 | Quintette pour piano et cordres Quatuor à cordes N° 1 À ma Bretagne | 1922 1909 | |
Jean Cras, Chœur, voix et orgue | Sophie Marin-Degor, soprano |
2007 | Hymne en l’honneur d’une sainte | 1925 18991907 1905 1925 1910 1909 1894 | |
| Sonate pour violoncelle & Piano Trio pour violon, violoncelle & piano Réf 1C1151 | Alain Jacquon, piano |
2008 | Sonate pour violoncelle & piano | 1901 19071903 | |
Les mélodies avec orchestre | Ingrid Perruche, soprano |
2009 | Elégies (4 poèmes) | 1910 1920 1925 1921 1929 | |
Jean Cras flûte, harpe et cordes | Juliette Hurel, flûte |
2011 | Trio à cordes | 1926 | |
Ma famille bien-aimée | Mélanie Boivert |
2012 | Ames d’enfants 4 pièces pour les 4 1ers anniversaires de son fils Jean-Pierre Air varié Habanera Evocation Epilogue 3 chansons bretonnes | 1921 1919 à 19221926 1927 1928 1929 1932 | |
SKARBO |
|
|
|
| |
Oeuvre complète Version remasterisée | Jean-Pierre Ferey piano | 1993 2013 | Suite en Duo | 1927 1919 à 1922 1926 1927 1928 1929 1902 à 1911 | |
Flûte panorama | Frédéric Chatoux, flûte |
2003 | Jean Cras : Suite en Duopour flûte et harpe | 1927 | |
Piano 4 mains | Jean-Pierre Ferey, piano | Ladmirault : Rhapsodie gaélique Fauré : Suite pour piano 4 mains opus 56 « Dolly » Cras : Ames d’enfants pour 4 mains Ravel : Ma mère l’oye M62 | 1918 | ||
Maritime Réf DSK1986 | Jean-Pierre Ferey, piano Marie-Annick Nicolas, violon |
2015 | Poèmes intimes 1 En Islande 2 Preludio con fughetta 4 Recueillement Danze 2 impromptus Paysages maritimes Paysages champ. | 1902 1902 1904 1917 1925 1917 1917 | |
Danze – Impromptus Paysages – Poèmes intimesRéf DSK1153 | Jean-Pierre Ferey, piano Marie-Annick Nicolas, violon | Poèmes intimes 1 En Islande 2 Preludio con fughetta 4 Recueillement Danze 2 impromptus Paysages maritimes Paysages champ. | 1902 1902 1904 1917 1925 1917 1917 | ||
| Quatuor – Quintette Réf DSK4181 | Jean-Pierre Ferey, piano Quatuor Sine Qua Non : – Sara Chenal, violon – Virgine Turban, violon – Catherine Demonchy, alto – Claire-Lise Démettre, violoncelle | 2018 | Quintette pour piano et cordes Quatuor N°1 A ma Bretagne | 1922 1909 | |
Légendes Armoricaines Ladmirault, Menut, Barillet, Ropartz, Chauris, Jean Cras, Voegelin, Lamaze Réf DSK197 | Ronan Baudry, Saxophone Romain Hervé, piano | 2020 | Jean Cras : Largo Ropartz : Lamento | 1903 | |
CYBELIA |
|
|
|
| |
Musique française du 20è siècle Jean CrasRéf CY664 | James Lochart Orcheste philharmoniquede l’Etat de Rhénanie-Palatinat StaatsphilharmonieRheinland-Pfalz Dion Pierre Stoll |
1984 | Âmes d’enfants Journal de bord | 1921 1927 | |
Musique française Jean CrasRéf CY803 | James Lochart Orcheste philharmoniquede l’Etat de Rhénanie-PalatinatStaatsphilharmonieRheinland-Pfalz Dion Pierre StollPierre Reach Piano |
1986 |
Âmes d’enfants |
1921 | |
EUROMUSES | |||||
Jean Cras Trio pour violon,violoncelle et piano en ut majeurErnest Chausson Trio en sol mineur op. 3 Réf L 3 CRA 13 | Trio des Aulnes Laurent Lagarde violoncelleJean-François Corvaisier, violon Honoré Béjin piano |
1988 | Jean Cras : Trio pour violon, violoncelle et pianoen ut majeur n°2 Ernest Chausson Trio en sol mineur opus 3 | 1907 | |
Trio, Quintette, Flûte de Pan Réf QM 6897 | Trio à cordes Milière MC Milière ViolonPhilippe Bary Violoncelle JF Benatar Alto Catherine Michel Harpe Thomas Prévost Flûte Didier Henry baryton |
1988 | Trio à cordes Quintette, flûte, violon, alto, violoncelle, harpeLa flûte de Pan | 1926 1928 1928 | |
KENDALC’H | |||||
Kan evia ar peon (Cantate pour la paix)Abjean / Ropartz / Cras Réf DS 396092 | Chorales du Breizh A Gan Orch et coeur de BrocéliandeDion Wojciechowski |
1993 | René Abjan Cantate pour la paixCras : Légende Ropartz : Lamento Messe brève en l’honneur de Ste Anne | 1929 | |
CMAP | |||||
Trio Cappa Boely, Blanc, CrasRéf CMAP 002 | Bernard Mathem, violon Frédéric Lainé, altoMarie-Hélène Beaussier, violoncelle |
1994 | Alexandre Boely Trio opus 5 n°2en Ut Majeur Adolphe Blanc Trio opus 48 n°3 en Fa Mineur Jean Cras Trio à cordes | 1926 | |
BNL PRODUCTION | |||||
Jean Cras Charles GounodRéf 112860 |
Quatuor à cordes de Chartres |
1994 | Jean Cras : Premier Quatuor « A ma Bretagne »Charles Gounod Quatuor : en La Mineur | 1909 | |
AUVIDIS VALOIS | |||||
Musique de chambre pour harpe Ravel, Debussy, Caplet,Saint-saens, Cras Réf V4739 |
1995 | Jean Cras : Quintette pourharpe, flûte, violon, alto, violoncelle!!! | 1928 | ||
| QUANTUM | |||||
| Musique française pour flûte, alto et harpe Debussy, Inghelbrecht, Cras… Réf P1997 | Isabelle Courret, harpe Alain Daboncourt, flûte Zoltan Toth, alto | | 1966 | Jean Cras : ??? | |
| Trio, Quintette, Flûte de Pan Réf 2000-01-17 | Trio à cordes Milière MC Milière Violon Philippe Bary Violoncelle JF Benatar Alto Catherine Michel Harpe Thomas Prévost Flûte Didier Henry baryton | 1988 | Trio à cordes Quintette, flûte, violon, alto, violoncelle, harpe La flûte de Pan | 1926 1928 1928 | |
Trio, Quintette, Flûte de Pan | Trio à cordes Milière | 1988 | Trio à cordes | 1926 1928 1928 | |
Un siècle de musique française Debussy, Cras, Ravel, Büsser,Lancen, Casterede Réf P2000 | Duo Thaïs Florence Bellon, flûteCaroline Rempp, harpe |
|
2000 | Claude Debussy : Valse romantiqueBruyères Jean Cras : Suite en duo Maurice Ravel : Pièce en forme de Habanera Pavane pour une Infante défunte | 1927 |
PAN CLASSICS | |||||
Portrait | Chantal Mathieu, Harpe |
2001 | André Jolivet Divertissement Jean-M. Damase Sonate n°1 Jean Cras : Suite en Duo pour flûte et harpe Jean Françaix Cinque piccoli duetti | 1927 | |
SYRIUS | |||||
L‘oeuvre pour piano |
Jean Dubé, piano |
2005 | Paysage Maritime Paysage ChampêtrePoèmes intimes | 1917 1902-11 1917 | |
HANSSLER CLASSIC | |||||
Impressions | Linos Harfenquintett |
2006 | Jean Cras : Quintette pour violon,alto, violoncelle, et harpe | 1928 | |
PHILIPS | |||||
Suite en duo | Claudio Ferrarini, flûte Floraleda Sacchi, harpe |
2007 | Jean Cras : Suite en Duo pour flûte et harpe | 1927 | |
NAÏVE | |||||
Musique de chambre pour harpe | Isabelle Moretti Quatuor Parisii |
2007 | Jean Cras Quintette pourharpe, flûte, violon, alto, violoncelle | 1928 | |
MAGUELONE | |||||
Mélodies Réf 111176 | Chloé Waysfeld |
2009 | La vie antérieure | 1901 1924 1932 | |
SYRIUS | |||||
Scènes maritimes et champêtres | Jean Dubé, piano |
2009 | Jean Cras | 1925 1918 1918 | |
| HARP & COMPANY |
|
|
|
| |
Jean Cras | Rachel Talitman, harpe |
2010 | Quintette pour harpe, flûte et trio à cordes | 1928 1927 1925 | |
TEMPELHOF | |||||
Horenstein Ensemble | Horenstein Ensemble |
2011 | Jean Cras : Quintette pour violon, alto, violoncelle, et harpe | 1928 | |
Impression expression | Duo Entracte |
2013 | Jean Cras : Suite en duo Shaposhnikov : Sonate flute et harpe Peterson-Berger : Frösöblomster | 1927 | |
EDITIONS LEMOINE | |||||
Adolphe Sax | Pièces pour saxophone |
2015 | Jean Cras : Quatuor sax, (arrangement du quintette pour saxo. ?) | 1924 | |
POLYMNIE |
|
|
|
| |
Reynaldo Hahn, Jean Cras, | Mario Hacquard, baryton |
2015 | Reynaldo Hahn : Etudes latines (extraits) 5 Mélodies Jean Cras : Trois Chansons bretonnes Gabriel Fauré : Piano à 4 mains : Pavane opus 50 9 Mélodies | 1932 | |
SYMETRIE | |||||
Trois motets |
2016 | Panis Angelicus | 1899 | ||
ARION | |||||
Des cordes marines | Ensemble des Equilibres |
2017 | Jean Cras : Trio à cordes Ermend Bonnal : Trio à cordes Albert Roussel : Trio à cordes | 1926 | |
ARS PRODUCTION | |||||
De l’ombre à la lumière | Trio Golberg |
2018 | Gideon Klein : String Trio Ernö Dohnanyi : Sérénade Op. 10 Mieczysllaw Weinberg String Trio Op. 48 Jean Cras : Trio à cordes | 1926 | |
| PASSACAILLE | |||||
La Flûte de Pan & 2 quintettes | Oxalys |
2018 | La flûte de Pan | 1928 | |
La Flûte de Pan & 2 quintettes Réf PAS1067 | Oxalys |
2019 | La flûte de Pan | 1928 1922 1928 | |
BUCHERES | |||||
Demi-jours | Mario Hacquard, baryton |
2019 | Jean Cras : 3 chansons bretonnes | 1932 | |
HORTUS | |||||
Elégies | Orchestre opéra de Toulon |
2019 | Jean Cras : Ames d’enants | 1918 | |
KLARTHE | |||||
Carnet de voyage | Quatuor Midi-minuit |
2019 | Beethoven : Quatuor opus 18 n°3 Jean Cras : Quatuor n°1 A ma Bretagne | 1909 | |
Bretagne(s) | Ensemble Gustave |
2019 | Joseph-Guy Ropartz : Sonate n°3 La mer Jean Cras : Trio à cordes Benoît Menu Stèles | 1926 | |
HÄNSLER CLASSIC | |||||
Pan + Apoll | Antonia Schreiber, harpe |
2020 | Jean Cras : Suite en Duo pour flûte et harpe | 1927 | |
SONY MUSIC ENTERT. | |||||
L’amour, la mort, la mer | Patricia Petitbon Susan Manoff David Venitucci Philippe Marchand | |
2020 | Jean Cras : La Rencontre | 1932 |
INITIALE | |||||
Marionnettes | Le Bateau ivre |
2022 | Laszlo Lajthla : Marionnettes opus 26 Jean Cras : Quintette André Jolivet : Le chant de Linos | 1938 | |
SOL MINEUR PROD. | |||||
Jardins suspendus |
Eric Lesage, piano |
2022 | Jean Cras Paysages Maritimes | 1917 | |
|
Dupont, Cras, Boulanger… |
Paysages Maritimes |
1917 | |||
PAVILLON BLEU (Cultura) | |||||
| Impressions d’ici et d’ailleurs Debussy, Cras, Demillac Réf ? | Trio L |
2022 | Jen Cras : Trio n°2 do majeur Francis-P. Demillac : Sonate en fa dièse mineur pour violon et piano Claude Debussy : Trio en sol | 1907 | |
ALPHA CLASSICS | |||||
| Invisible Cras, Soulage, Ferroud Réf ALPHA 1085 | Astrig Siranossian, |
2024 | Jean Cras : Sonate pour violoncelle et piano P-Octave Ferroud : Sonate en la mineur Marcelle Soulage : Sonate en fa dièse mineur | 1901 |
Partitions
Rechercher sur Google Partitions Jean Cras
Certains sites proposent des partitions gratuites :
- https://www.free-scores.com/partitions_libres.php?compositeur=jean-cras
- https://musopen.org/fr/music/composer/jean-cras/form/trio/
- http://www.conservatoirelyon.fr/SearchMinify/8e7235bc4e8cf9d678882915d69e8d71
Voir aussi les sites :
Bibliographie référencée par Wikipedia
Monographie
- Paul-André Bempéchat, Jean Cras, Polymath of Music and Letters, Farnham, Ashgate, 2009, 610 p.
Parution en 2022 d’une version augmentée de la monumentale biographie par Bempéchat, aux éditions Peter Lang :
https://www.peterlang.com/document/1069001
Ouvrages généraux
- René Dumesnil, « Jean Cras », Portraits de musiciens français, Paris, 1938.
- René Dumesnil, « L’aube du XXe siècle » in Histoire de la musique, tome IV.
- Auguste Thomazi, Trois marins compositeurs : Roussel, Mariotte, & J. Cras. Paris, Imprimerie Bellenand, 1948.
- Gustave Samazeuilh, Musiciens de mon temps : Chroniques et souvenirs, Paris, Marcel Daubin, 1947 (1re éd. 1915, complété en 1931), 430 p., in-16 (BNF 43254580), p. 246-249.
- Marie-Claire Mussat, Les musiciens de la mer et la Musique des équipages de la flotte, Éditions du Layeur, 1996 (ISBN 2-911468-06-6), p. 57-69.
- Mikael Bodlore-Penlaez et Aldo Ripoche (préf. Pierre-Yves Moign), Musique classique bretonne : Sonerezh klasel Breizh : bilingue français-breton, Spézet, Coop Breizh, 2012, 96 p. (ISBN 978-2-84346-563-5), p. 40-45.
Dictionnaires et encyclopédies
- Vefa de Bellaing, Dictionnaire des compositeurs de musique en Bretagne, Nantes, Ouest Éditions, 1992, 280 p. (ISBN 2-908261-11-1), p. 75-83.
- Paul-André Bempéchat, « Jean Cras », in Revised New Grove Dictionary of Music and Musicians, London, MacMillan, 2001.
- Paul-André Bempéchat, « Jean Cras », in Die Musik in Geschichte und Gegenwart (MGG), 2001.
- Jean-Pierre Thiollet, Sax, Mule & Co (avec un dictionnaire des compositeurs pour saxophone [« Jean Cras », p. 112–113]), Paris, H & D, 2004.
Articles
- Henry Malherbe, « Jean Cras », Le Temps, 21 septembre 1932 (lire en ligne [archive]).
- André Himonet, « Jean Cras, musicien de la mer », revue de la Société Internationale des Amis de la Musique française, décembre 1932.
- Collectif, « Regard sur Jean Cras (1879-1979) », revue Zodiaque, no 123, janvier 1980.
- Paul-André Bempéchat, « A Rediscovered Masterpiece: Jean Cras’ ‘Deux Impromptus pour harpe (1925)’ », American Harp Journal, Summer 1998, vol. 16, no 3, p. 5-10.
- Paul-André Bempéchat, « Inside Jean Cras’ Musical Laboratory: An African Diary in Music and Letters: The Genesis of His ‘Suite en Duo’ for Flute and Harp (1928) », American Harp Journal, Winter 1998, vol. 16, no 4, p. 7-14.
- Paul-André Bempéchat, « Jean Cras and Albert Samain: Parallels and Paradoxes in the Genesis of Polyphème », The Opera Journal, March 1998, Vol. XXXI/1, p. 3–17.
- Paul-André Bempéchat, « Inside Jean Cras’ Musical Laboratory II: Cyclical Composition at its Zenith: ‘Quintet for Harp, Flute, and Strings », American Harp Journal, Summer 1999., vol. 17, no 1, p. 7-12.
- Paul-André Bempéchat, « Love’s Labours Found: Jean Cras’ Pieces for Violin and Piano Rediscovered (with apologies to The Bard) », American String Teacher, November 1999, vol. 49, no 4, p. 64–74.
- Paul-André Bempéchat, « Naval Hero — Novel Voice: The Piano Works of Jean Cras », Piano & Keyboard 206, September-October 2000, p. 47–55.
- Paul-André Bempéchat, « An Admiral of Music: Jean Cras’ Chamber Music for Strings », The Strad, London, October 2000, vol. 111, no 1326, p. 1096-1100.
- Paul-André Bempéchat, « The Choral Works of Jean Cras », The Choral Journal, February 2001, vol. 41, no 7, p. 9–16.
- Paul-André Bempéchat, « Where Formalism Meets Folklore: Jean Cras’ ‘Trio pour cordes (1925)’ », American String Teacher, May 2001, vol. 51, no 2, p. 74-81.
- Paul-André Bempéchat, « Narrating the Symbol: Jean Cras’ Legacy of Song », in Ars Lyrica XII, 2002, p. 3-70.
- Étienne Tabourier, « Jean Cras. Musicien du grand large », Musique bretonne, n°180, septembre-octobre 2003 p. 12-13, (lire en ligne [archive]).
- Paul-André Bempéchat, « The Breton Compositions of Jean Cras », in Proceedings of the 23rd Harvard Celtic Colloquium, 2003.
- Paul-André Bempéchat, « Ravel Writes to Jean Cras », in Liber Amicorum Isabelle Cazeaux, Pendragon Press, Hillsdale, New York, 2005, p. 365–376.
- Paul-André Bempéchat, « Fair Winds and Following Seas: Jean Cras’ Symphonic Autobiography, ‘Journal de bord (1927)’ », in Liber Amicorum Isabelle Cazeaux, Pendragon Press, Hillsdale, New York, 2005, p. 443-457.
- Jacques Arnol, « Jean Cras (1879 – 1932) : amiral et compositeur », Le lien du Centre généalogique du Finistère, Brest, Centre généalogique du Finistère, no 119, septembre 2011, p. 3-13.
Notes et références (Wikipedia)
Archives
« Archives numérisées d’état civil de Brest, année 1879, acte de naissance n° 505, vue 131 [archive] » ( consulté le 19 septembre 2020)
Thierry Bouillet, « Jean Cras [archive] », sur www.musimem.com (consulté le 14 septembre 2020)
Musique classique bretonne, p. 40
« Jean Cras, l’amiral des arpèges [archive] », sur Chasse Marée, 11 mai 2010 (consulté le 19 septembre 2020)
« Jean Cras [archive] », sur www.netmarine.net (consulté le 19 septembre 2020)
« À nos Grands Hommes – La monumentalité en cartes postales : Monument : Monument à Jean Cras [6598] [archive] », sur anosgrandshommes.musee-orsay.fr (consulté le 19 septembre 2020)
« Jean Cras 1879-1932 [archive] », sur www.musicologie.org (consulté le 19 septembre 2020)
« Ecole Navale / Espace Tradition / Glossaire [archive] », sur ecole.nav.traditions.free.fr (consulté le 19 septembre 2020)
« Cote LH/624/72 [archive] », base Léonore, ministère français de la Culture
(en) Paul-André Bempéchat, Jean Cras, Polymath of Music and Letters, Routledge, 5 juillet 2017 (ISBN 978-1-351-56176-1, lire en ligne [archive])
« Ecole Navale / Espace tradition / Officiers célèbres [archive] », sur ecole.nav.traditions.free.fr (consulté le 28 octobre 2020)
« operas [archive] », sur www.artlyriquefr.fr (consulté le 19 septembre 2020)
« Le Ménestrel : journal de musique [archive] », sur Gallica, 9 mars 1928 (consulté le 19 septembre 2020)
Paul Le Flem, « Comoedia [archive] », sur Gallica, 7 avril 1930 (consulté le 19 septembre 2020), p. 2
« Cols bleus : hebdomadaire de la Marine française [archive] », sur Gallica, 19 mars 2005 (consulté le 19 septembre 2020)
« Le Ménestrel : journal de musique [archive] », sur Gallica, 12 février 1932 (consulté le 19 septembre 2020)
Anne-Charlotte Rémond, « 1927-1928, Jean Cras compose son Quintette pour harpe, flûte et trio à cordes [archive] », sur France Musique (consulté le 19 septembre 2020)
Sax, Mule & Co, Jean-Pierre Thiollet, H & D, Paris, 2004, p. 113.
dossier Polyphème ou le feuilleton d’un opéra par Stéphane Topakian [archive]
Musique classique bretonne, p. 42
Jean Cras (1879-1932), Polyphème, 1912 (lire en ligne [archive])
Bruno Peeters, « Polyphème – Cras [archive] », sur www.forumopera.com (consulté le 19 septembre 2020)
Articles connexes
Liens externes
- Ressources relatives à la musique :
- Ressource relative au spectacle
- Ressource relative à plusieurs domaines
- Ressource relative à la vie publique
- Notices d’autorité
- « 1927-1928, Jean Cras compose son Quintette pour harpe, flûte et trio à cordes », Musicopolis, France Musique, 15 mai 2019 [archive]
- Musica et Mémoria : Jean Cras [archive]
- J. Cras d’après un article d’Armelle Datin, Armée d’aujourd’hui 1998 [archive]
- Jean Cras sur compositeursbretons.com [archive]
- Jean CRAS, qui servait comme Aspirant de majorité à bord du BRENNUS, témoigne de la catastrophe dans une lettre en date du 12 août 1900 [archive]
- Portail de la musique classique
- Portail du monde maritime
- Portail de Brest et de sa région
- Portail de l’Armée française
- Portail de la musique bretonne
- Compositeur français de musique classique de la période moderne
- Contre-amiral français
- Musicien breton
- Élève de l’École navale
- Naissance en mai 1879
- Naissance à Brest
- Décès en septembre 1932
- Décès à Brest
- Décès à 53 ans
- Amiral français du XXe siècle
- Officier de la Légion d’honneur promu en 1920
- Compositeur français de la période romantique
- Compositeur français du XIXe siècle
- Compositeur français du XXe siècle
- xavier.cras@gmail.com, petit neveu de Jean Cras dont le frère Charles a eu un fils Hervé, mon père ↩︎
- Thierry Bouillet, né en 1976, est un musicologue belge, pianiste, organiste et carillonneur au beffroi de Tournai ainsi qu’à la cathédrale de Namur et à la collégiale de Dinant. Il est professeur à l’IMEP (Institut royal supérieur de Musique Et de Pédagogie de Namur) où il a achevé sa licence en piano en 2003., ainsi qu’aux académies de musique de la Botte du Hainaut et de Gembloux. En 1998, son professeur lui demande de rédiger la biographie d’un grand compositeur, mais il préfère sortir des sentiers battus et obtient son accord pour se consacrer à Jean Cras ↩︎
- Ce chapitre reprend pour l’essentiel les informations contenues dans la biographie établie par Thierry Bouillet en 1999 (voir le site http://www.musimem.com/recherches.html – faire une recherche avec Jean Cras) et celles de l’article de la revue Chasse Marée n°223 « L’Amiral des Arpèges » de Jacques Arnol et Xavier Mével. S’y ajoutent des informations trouvées sur Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Cras ↩︎
- Sa progression dans l’échelle de la hiérarchie lui permit par la suite d’installer un piano demi-queue. ↩︎
- Voir paragraphe 7.2 – Règle-Rapporteur Jean Cras ↩︎
- Ce chapitre est pour l’essentiel tiré de la biographie établie par Thierry Bouillet en 1999
(voir le site http://www.musimem.com/recherches.html – faire une recherche avec Thierry Bouillet ) ↩︎ - Voir le livre d’Henri Duparc Lettres à Jean Cras, le fils de mon âme, Editeur Symétrie, Lyon, 2009,
site http://www.conservatoirelyon.fr/SearchMinify/afb13bdd072e29b6c3ca32dd623ead94 ↩︎ - Ce paragraphe traduit et le cas échéant résume les pages 155 à 161 de l’ouvrage magistral en anglais de Paul-André Bempéchat « Jean Cras, Polymath of Music and Letters » chapitre SIX – Opus posthoumus.
Les notes et textes entre [ ] et en italique ont été rajoutés par la famille Cras ↩︎ - Alexandre (Sacha) Tansman, pianiste, chef d’orchestre et compositeur franco-polonais (1897-1986), installé à Paris fin 1919, épouse Colette en 1937 et obtient en 1938 la nationalité française. Soutenu par Maurice Ravel, il se lie d’amitié avec le « groupe des six » (Georges Auric, Francis Poulenc, Arthur Honegger, Louis Durey, Germaine Tailleferre et Darius Milhaud), et devient membre de l’Ecole de Paris. Il est enterré au cimetière sud de Saint-Mandé, auteur de plus de 300 opus. ↩︎
- Alexandre Tansman était inscrit sur la liste noire des artistes de Goebbels ↩︎
- Ses musiques de film les plus connues de cette période incluent Flesh and Fantasy (1943), Destiny (1944), Since you went away ( 1944), Paris Underground (1945) et Sister Kenny (1946).
Il a composé également aux Etats-Unis des œuvres symphoniques (qu’il a dirigées lui-même plusieurs fois) et de musique de chambre. ↩︎ - Ouest-France, 19 octobre 1983 (‘Une médaille å l’effigie de Jean Cras, marin et compositeur brestois’). ↩︎
- Ouest-France, 5 December 1983 (‘A propos de Jean Cras, marin et musicien brestois: å quand I ‘enregistrement de son œuvre?’). ↩︎
- Veterans’ Day aux Etats-Unis ↩︎
- Voir http://www.agencebretagnepresse.com ↩︎
- Cols Bleus, No. 2347, Paris: ADDIM, 13 avril 1996 ↩︎
- Guéry, ‘Jean Cras, l’art du point … et du contrepoint!’ ↩︎
- Groupe de compositeurs tels que Arnold Schoenberg, Alban Berg et Anton Webern, ayant pris le parti d’abandonner la musique tonale traditionnelle au profit d’une musique atonale, dodécaphonique, voire sérielle. ↩︎
- Cf Max d’Ollone, Le langage musical, passim. ↩︎
- Réf : PA Bempéchat Jean Cras, Polymath of Music and Letters p.561 sauf texte entre [ ] ↩︎
- Extrait résumé de l’analyse de Thierry Bouillet, auteur d’une biographie sur Jean Cras datant de 1999 (voir le site http://www.musimem.com/recherches.html – faire une recherche avec Thierry Bouillet) ↩︎
- Source : GENEANET établi par mon neveu Alban Cras sur la base des recherches de mon père Hervé et de son frère Benoît : https://gw.geneanet.org/mordal70_w?lang=fr&pz=alban&nz=cras&p=emile+jean&n=cras ↩︎
- Marié en 1908 à Germaine Lefrançois (1888-1972), pianiste de talent qui se vit décerner en 1923 par la pianiste Blanche Selva à Paris le diplôme de piano n°364 avec mention TB. ↩︎
- Principales sources :
Recherches multiples sur internet
https://www.discogs.com/fr/artist/2766827-Jean-Cras
https://data.bnf.fr/fr/documents-by-rdt/13892820/tum/page1
Classement : Timpani, Skarbo, puis par date d’enregistrement
NB : Pour insérer des photos de pochettes, fusionner préalablement les cellules de la case de destination ↩︎